Me Lu Chan Khuong, candidate au bâtonnat
Me Lu Chan Khuong, candidate au bâtonnat
Pour Me Lu Chan Khuong, le système de justice règle la vie en société : son efficacité, tout comme le cadre financier qui lui est attribué, doit donc être conséquente au rôle qu'il remplit. Dans un article du Soleil, il y a cinq ans déjà, elle faisait part de ses craintes sur le retard pris par le système judiciaire.

Afin d’éviter que la magistrature compose avec des équipements, un système informatique et des technologies complètement désuets, elle encourageait déjà les avocats à avoir recours à la visioconférence ou à faire les remises électroniquement. Elle saluait également les promesses des modes de règlements alternatifs.

« Nous devons être des agents de changement, comme l'ont été les avocats des années 70 », dit-elle, rappelant que c’est à cette époque qu'ont été instaurés les petites créances, l'aide juridique et les tribunaux administratifs.

L’accès de la justice à la jeunesse

En 2011, Me Khuong affirmait déjà son désir d’informer et d’éduquer les jeunes sur les enjeux de la justice. Elle proposait alors des cours qui leur permettraient d'en connaître davantage sur les lois et les règlements qui régissent le monde du travail, la consommation, ou le crédit. « Ça pourrait éviter beaucoup de problèmes plus tard et on entendrait moins souvent en cour : "Je ne le savais pas"! »

C’est aussi ce que la candidate au bâtonnat, impliquée dans des rencontres avec des jeunes filles de Secondaire IV, nous avait confié il y a quelques semaines lors d’une soirée-bénéfice organisée par Éducaloi et à laquelle elle avait assisté. « Il n’y a pas d’âge pour apprendre, a-t-elle déclaré. Ce que je dis aux jeunes, c’est de regarder les conséquences de leurs actes, notamment lorsqu’ils publient des photos sur Facebook ou sur Instagram. »

L’importance des avocats

Il faut éviter que les gens se représentent seuls en cour, affirmait également Me Khuong. D’après elle, si les gens sont de plus en plus nombreux à le faire parce qu’ils pensent pouvoir se passer des services d’un avocat. Persuadés de la justesse de leur cause, ils se disent simplement que « le bon sens va prévaloir. »

Selon l’avocate, il s’agit d’une erreur qui ne rend service à personne, ni à eux-mêmes, ni au système. En réalité, affirme-t-elle, les choses sont plus difficiles, plus longues, et bien plus risquées. Les gens oublient l’importance des conséquences et le poids de la décision de se rendre en cour.

« Il faut se préparer adéquatement et savoir ce que l'on fait. Les juges, même s'ils sont conciliants, ne sont pas là pour enseigner la procédure. Et ça ne fonctionne pas juste au gros bon sens! »