Jean-François Pelland,(coin supérieur gauche)lors de sa dernière mission en Jordanie.
Jean-François Pelland,(coin supérieur gauche)lors de sa dernière mission en Jordanie.
Aller en Tunisie et en Jordanie pour aider les entrepreneurs à concevoir des plans d’affaires, solidifier les commerces de détail pour concurrencer la Chine, convaincre les dirigeants d’entreprise du bénéfice d’embaucher des femmes… Voilà quelques exemples des actions posées par Me Jean-François Pelland durant ses missions. « J’aime l’idée de participer au changement », dit l’associé au bureau montréalais de McMillan, qui revient d’un séjour en Jordanie.

Ces missions, qui représentent environ 100 heures de travail, il les effectue pour Financial Services Volunteer Corps. Cet organisme à but non lucratif a été fondé aux États-Unis par la famille Bush, entre autres. L’objectif : soutenir le développement des alliés économiques de l’Afrique et du Moyen-Orient en envoyant des experts en développement des affaires. Ce n’est pas tant l’aspect « politique » de l’organisme qui plaît à Me Pelland, que l’idée d’aller à la rencontre de ces diverses cultures pour échanger avec les entrepreneurs, décideurs et juristes locaux, et partager avec eux des stratégies de développement, telles que la création de grappes industrielles.

Celui qui a parcouru six pays au Moyen-Orient est fasciné par la culture et l’histoire de ces populations. Il constate toutefois des difficultés récurrentes dans les pays, comme la Jordanie, qui partagent leur frontière avec des zones de conflit comme la Syrie et l’Irak. « Ils subissent les effets collatéraux, des centaines de milliers de réfugiés, mais aussi une chute dramatique du tourisme (90% en Jordanie!), leur principal moteur économique… Tout ça accompagné d’un taux de chômage criant et d’un taux élevé de femmes diplômées, qui ne sont pas intégrées au marché du travail », relate-t-il.

Donner le choix aux femmes

Me Pelland profite de son statut d’avocat occidental pour tenter d’influencer positivement les acteurs qu’il rencontre.
Me Pelland profite de son statut d’avocat occidental pour tenter d’influencer positivement les acteurs qu’il rencontre.
Me Pelland profite de son statut d’avocat occidental pour tenter d’influencer positivement les acteurs qu’il rencontre. « Je crois que le fait d’être un homme, qui leur fait valoir que l’apport des femmes dans leur industrie sera bénéfique, les aide à avancer dans leur réflexion », dit-il, ajoutant du même souffle que certains pays affichent déjà une plus grande ouverture qu’il y a quelques années à peine. « On sent que les choses bougent, c’est encourageant.»

D’ailleurs, lors de sa plus récente mission dans la capitale jordanienne, Amman, le juriste était accompagné d’une Américaine, Michelle Messina, conseillère d’affaires de la Silicon Valley, spécialisée dans le développement des start-ups. Me Pelland se dit convaincu que le fait que des femmes d’affaires fassent partie des missions aident à ébranler les idées préconçues, en plus d’inspirer les réseaux locaux de femmes entrepreneures qui manquent souvent de soutien de la communauté.

Qu’ils soient hommes ou femmes, Jean-François Pelland remarque que les entrepreneurs sont souvent mal conseillés au moment de lancer leur entreprise. « J’ai vu beaucoup de consultants en accompagnement d’entreprises qui ignoraient la nécessité de faire une étude de marché avant de lancer un produit… C’est pourtant incontournable ! », lance-t-il.

Pro bono contre heures de formations?

L’implication de Me Pelland auprès de Financial Services Volunteer Corps représente énormément d’heures de travail bénévole, chaque année.
L’implication de Me Pelland auprès de Financial Services Volunteer Corps représente énormément d’heures de travail bénévole, chaque année.
L’implication de Me Pelland auprès de Financial Services Volunteer Corps représente énormément d’heures de travail bénévole, chaque année. Pense-t-il, à l’effigie du fondateur de Juripop, Me Marc-Antoine Cloutier, que les avocats devraient tous faire un nombre minimum d’heures pro bono par année ? « Je ne crois pas que ça doit être obligatoire, répond-il, mais peut-être que certaines implications pourraient être transformées en crédit pour les heures de formation obligatoire…».

Il est clair, ajoute-t-il, que faire reconnaître ces heures pro bono comme heures de formation n’est pas nécessairement une tâche simple. Mais pendant que ce grand investissement de temps n’est pas reconnu, « plusieurs formations bidons le sont », dit-il.

Qu’en pensez-vous?