Un avocat armé a tiré sur le bâtonnier de Melun, Henrique Vannier
Un avocat armé a tiré sur le bâtonnier de Melun, Henrique Vannier
La nouvelle ne vous a probablement pas échappé : les avocats en France sont en colère !

Depuis trois semaines, le pays connaît de forts mouvements de protestation de ses juristes contre le projet de réforme de l’aide juridictionnelle. Au total, 159 sur 164 barreaux français se sont mis en grève.

Cette semaine, un accord a été conclut entre les représentants des avocats et de la chancellerie. Le Conseil national des barreaux (CNB) a donc appelé à une levée de la grève, renseigne Le Monde.

L’accord ne satisfait toutefois pas tout le monde et le Syndicat des avocats de France, ainsi que certains barreaux. incitent à poursuivre le mouvement.

Pour rappel, la discorde a suivi l’annonce par la ministre de la Justice Christiane Taubira d’une révision du barème des prestations payés par l’État au titre de l’aide juridictionnelle et impliquait notamment une baisse de rémunération des avocats.

Climat tendu

Cette semaine, l’anarchie régnait dans certains tribunaux.

À Mulhouse, les avocats ont ainsi bloqué l’accès du tribunal de grande instance aux juges, magistrats et justiciables, indique L’Alsace.fr. Ces derniers ont donc tenté de rentrer à l’intérieur du Palais de justice … par les fenêtres !

L’atmosphère et le climat social en France continuent de toute façon d’être tendus : jeudi matin, un avocat armé a tiré sur le bâtonnier de Melun, Henrique Vannier, désormais dans un « état stable » selon une avocate.

Le bâtonnier se trouvait dans son bureau au deuxième étage de l'établissement, rappelle Le Figaro, avant d’être atteint de plusieurs balles. L'avocat, Me Joseph Scipilliti, âgé de 63 ans, s'est ensuite suicidé, retournant l'arme contre lui.

Selon plusieurs sources des médias français, les deux hommes auraient été en conflit depuis quelques temps. Dans un document de 240 pages intitulé « Journal indélicat » et daté du 27 octobre, Joseph Scipilliti s’en prenait explicitement au bâtonnier. « Il incarnait à lui seul tout ce que je combattais depuis le début de ma carrière », avait-t-il ainsi écrit avant de s'attaquer à l'état de droit en France, qu'il qualifiait d' « imposture », expliquant que « l'avocat n'a aucun pouvoir ».