Alexandre Cloutier est candidat à la chefferie du Parti québécois
Alexandre Cloutier est candidat à la chefferie du Parti québécois
Si Alexandre Cloutier a fait les manchettes dans les dernières semaines, on parle peu de « Me Alexandre Cloutier ». En effet, le candidat à la chefferie est également avocat et ancien de Fasken, même s'il a délaissé la toge pour se lancer en politique. 7 questions au député de Lac-Saint-Jean.

En quoi le fait d'être avocat affecte votre candidature à la chefferie?

Étudier le droit m'a permis de développer un professionnalisme, un caractère rationnel, et surtout, une rigueur dans ma manière de faire. En politique comme pour un avocat, il est nécessaire de vérifier et contre-vérifier sans cesse ce qu'on fait et ce qu'on dit. Mon passage comme clerc à la Cour suprême m'a été particulièrement utile à cet égard.

Vous avez parlé, la semaine dernière, d’enchâsser le droit à la francisation dans la Charte québécoise. Pouvez-vous m’en dire plus?

Pour moi, ce droit est fondamental. Ne pas pouvoir comprendre et s'exprimer en français est un immense handicap, d'une part pour les immigrants, d'autre part pour ceux qui n'ont pas pu apprendre convenablement à lire ou à écrire. Quand des enfants, réfugiés syriens, arrivent ici, cherchent à prendre des cours de français et qu'on leur dit qu'on n'a pas les ressources nécessaires, ça n'a pas de sens. Je crois donc qu'il faut que ce droit soit inscrit à la Charte des droits et libertés de la personne.

L'éducation, d'ailleurs, me tient particulièrement à cœur. Ce qui a été fait dans les deux dernières années est une catastrophe et il est impératif d'intervenir à ce sujet.

Parlez-nous de votre vision de la souveraineté du Québec.

Le plus important est de définir le projet. Aucun travail n'a été fait à cet égard depuis le deuxième référendum sur la souveraineté, en 1995. Dans les deux prochaines années, mon objectif est donc de faire en sorte de valoriser la souveraineté, surtout auprès des jeunes.

Comment percevez-vous l'avenir de la pratique du droit au Québec?

Je suis confiant. La profession a de l'avenir, et les avocats québécois sont de grande qualité; mais encore faut-il pouvoir avoir recours à leurs services! En effet, le plus grand enjeu présentement, c'est l'accessibilité à la justice. La réforme du Code de procédure civile a été judicieuse à cet égard, mais il est possible de faire encore mieux. Il faut faire en sorte que les Québécois fassent davantage confiance au système de justice.


Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir avocat?

J'avais une admiration pour les avocats, parce que je savais que c'est une formation exigeante. Plus particulièrement, c'est très polyvalent. Le titre d'avocat peut mener au journalisme, au milieu des affaires, et évidemment, en politique.

Où avez-vous travaillé avant de vous lancer en politique?

J'ai fait mes études à l'Université d'Ottawa, section droit civil, puis j'ai fait ma formation du Barreau en 2002. J'ai fait mon stage de la formation professionnelle comme clerc à la Cour suprême du Canada, au cabinet du juge Gonthier. Puis, j'ai été avocat chez Fasken Martineau, en 2003, puis chargé de cours à l'Université d'Ottawa, en 2004.

Parallèlement, j'ai complété deux maîtrises : une en 2003, en droit constitutionnel à l'Université de Montréal, et l'autre en droit international public à l'Université de Cambridge au Royaume-Uni, en 2004. En tout, j'ai donc étudié le droit pendant près de onze ans!

Si vous ne faisiez pas de politique, que feriez-vous?

Il est certain que je ne délaisserais pas la politique! Cependant, si c'était à faire, je songerais à la pratique du droit, ce n'est pas exclu. J'ai encore mon titre, après tout. Et quand j'étais aux études, j'étais amoureux du droit.