Richard Bain n'aurait retrouvé la mémoire que lors du deuxième interrogatoire
Richard Bain n'aurait retrouvé la mémoire que lors du deuxième interrogatoire
Les jurés au procès pour meurtre ont visionné mardi les enregistrements vidéo des interrogatoires menés par la police après son arrestation.

Bain, accusé de meurtre prémédité et de tentatives de meurtre, notamment, témoigne à son procès depuis lundi. Son avocat, Alan Guttman, plaide que son client ne peut être tenu criminellement responsable des gestes qui lui sont imputés, à cause d'un trouble mental.

Bain soutient qu'il ne se rappelle pas ce qui s'est passé le soir du 4 septembre 2012, lorsqu'un homme armé a fait feu à l'arrière du Métropolis, une salle de spectacles de Montréal où la chef péquiste Pauline Marois célébrait sa victoire électorale. Le technicien de scène Denis Blanchette a été tué par balle et un collègue de travail a été grièvement blessé lors de cet attentat.

Bain allègue ne pas avoir de souvenirs du premier interrogatoire, où il semble désorienté et se plaint de maux de tête. Sur la vidéo, on le voit, tête penchée, murmurer des propos incohérents ou ignorer les questions de l'enquêteur, jusqu'à l'arrivée des techniciens-ambulanciers appelés pour l'examiner.

Questionné par un détective à savoir ce que signifient pour lui des accusations de meurtre et de tentative de meurtre, Bain marmonne qu'il n'en sait rien.

Il a expliqué aux jurés, mardi matin, que c'est lors du deuxième interrogatoire _ le 6 septembre 2012, deux jours après le soir des élections _ qu'il a réalisé la gravité de la situation.

Il semblait alors plus alerte, répondant directement aux questions et récitant le Notre Père, ajoutant: "Je n'ai jamais autant eu besoin de vous qu'en ce moment."

Bain dévore un sandwich-matin et on peut l'entendre, plus tard, chanter "My God is Awesome" et fredonner "You Are My Sunshine".

Plus tôt, mardi, Bain s'est rappelé avoir eu une "vision" de sa mère, morte en 1997. L'hallucination aurait suivi sa consommation de comprimés à l'extérieur du Métropolis aux environs de 19h.

"J'ai vu ma mère devant moi et elle a dit: 'Richard, que nous font-ils?'", a relaté l'accusé.

Il a dit en cour avoir vu sa mère à quelques autres reprises, mais n'a jamais abordé la question avec les psychiatres consultés après son arrestation.

L'accusé admet qu'il a roulé autour du Métropolis en début de soirée le 4 septembre 2012, mais il ne se rappelle pas ce qui s'est passé ensuite. Il soutient qu'il avait pris auparavant plusieurs comprimés d'antidépresseurs.

Me Guttman a indiqué lundi qu'il appellerait à la barre des membres de la famille de Bain et qu'il présenterait des preuves médicales sur l'état de santé de son client.