Me Marc James Tacheji, avocat en litige chez Fasken Martineau au bureau de Montréal
Me Marc James Tacheji, avocat en litige chez Fasken Martineau au bureau de Montréal
Me Marc James Tacheji, avocat en litige chez Fasken Martineau au bureau de Montréal, a reçu le Prix de l’Orateur au concours d’art oratoire Prix Paris-Montréal dans le cadre de la Rentrée des tribunaux du 7 septembre dernier.

L’avocat, qui n’hésite pas à intégrer Descartes, Newton ou encore Nietzsche dans ses plaidoiries, a remporté le premier prix avec sa plaidoirie autour du thème « Quel régime politique pour l'état d'ébriété? ». Pour Droit-inc, il revient sur sa performance.

Droit-inc : Vous venez de remporter le Prix de l’Orateur du Concours d’art oratoire Paris-Montréal 2016. D’abord, félicitations! Comment s’est déroulé le concours?

Me Marc James Tacheji : Merci ! C’était une expérience assez extraordinaire qui m’a permis de rencontrer des gens formidables en plus de vivre ma catharsis dans l’enceinte de la Cour d’appel. Cela permet de lâcher son fou devant les collègues et la magistrature ! (rires)

Votre sujet était « Quel régime politique pour l'état d'ébriété? ». C’est vous qui l’avez choisi ? Quel était le contenu de votre plaidoirie ?

Il est imposé, on plaide sur des sujets loufoques. Le sujet était difficile en réalité. J’ai plaidé en faveur d’une théocratie à la gloire de Bacchus car ni la démocratie, ni la monarchie constitutionnelle ou le parlementarisme fédéral ne pourraient soutenir le règne de l’alcool. Le sujet m’a permis de puiser dans mes premières amours : la littérature et la philosophie - mon premier bacc et ma maîtrise. C’est très agréable de mêler la littérature au droit ou de justifier des arguments légaux avec des penseurs ou écrivains qui n’y ont rien à voir. Cette fois, ce sont Max Weber, Morris J. Fish, Erasme, Paul Lafargue, Bertrand Russel ou encore Flaubert qui ont porté mon argument. C’est dans cette dissonance que je puise mon plaisir!

Comment s’est déroulée votre préparation au concours ?

On nous donne les sujets un mois à l’avance, je rédige rapidement un texte. Après c’est répétition, répétition, répétition. Pour le connaître par coeur, pour savoir où mettre les intonations.

Qu’est-ce qui vous passionne dans l’art oratoire ?

Les tournures de phrases, les métaphores, les allégories, se mettre au diapason avec les juges qui nous écoutent. À la fin, les juges nous posent une question, il faut alors savoir improviser et se montrer capable de faire une nouvelle plaidoirie « on the spot ».

Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on fait une plaidoirie ?

Me Marc James Tacheji a remporté le Prix de l’Orateur au concours d’art oratoire Prix Paris-Montréal dans le cadre de la Rentrée des tribunaux
Me Marc James Tacheji a remporté le Prix de l’Orateur au concours d’art oratoire Prix Paris-Montréal dans le cadre de la Rentrée des tribunaux
Je dirais que c’est la rédaction du texte. En termes de préparation, il y a également la recherche nécessaire pour adjoindre un écrivain à un argument légal qui lui convient et créer le contraste qui permet l’humour et l’éclat dans une structure autrement sobre. Ensuite la répétition…On est surtout jugés sur l’éloquence, les effets de toge.

Que sont les effets de toge ?

C’est aller au-delà de ce que l’on ferait dans le quotidien de la pratique légale où l’on présenterait une cause de façon plus sobre et où l’on a pas le temps de faire son show. Ici, on peut être filmesque, étirer la sauce, les gestes, les cris, faire de grands mouvements de bras. C’est ça les effets de toge, tout ce qui est permis dans les limites du bon goût! (rires). Mais il faut être capable de trouver la limite digeste, l’équilibre pour l’auditoire entre le traitement du sujet et l’humour.

Qu’est-ce qui a fait la différence entre vous et les autres candidats ? Avoir su trouver cet équilibre ? Ou bien vous étiez simplement plus drôle ?

(rires) Non, je pense que c’est plutôt l’équilibre. La compétition était vraiment farouche. Les autres lauréats étaient excellents. Je ne suis pas sorti convaincu que j’allais remporter la première place. Mais j’ai demandé et on m’a répondu que c’était ma réponse à la question finale des juges, et ma capacité à improviser, qui avaient fait la différence.

De façon générale, comment reconnaît-on un bon plaideur ?

On reconnaît un bon plaideur à son aisance, son confort de parler devant des gens et de structurer sa pensée devant un auditoire.

Quels sont vos défis principaux dans le cadre de votre pratique comme avocat en litige chez Fasken ?

Quand les clients viennent nous voir, les réponses à leurs questions ne sont pas toutes faites, elles ne se trouvent pas dans les livres. Le défi est donc d’être capable d’user de créativité afin de pouvoir s’inspirer de précédents et donc, de créer une solution à leur problème.

Me Marc James Tacheji exerce principalement dans le domaine des litiges civils et commerciaux complexes. Sa pratique couvre tous les volets du litige, depuis la prestation de conseils juridiques et la préparation de procédures jusqu’à la représentation de clients devant les tribunaux des diverses instances.

Face à lui, on trouvait Me Raphaël Giraud de la Conférence du Jeune Barreau de Toulouse qui s’est vu attribuer la 2e place, Me Louis-Frédéric Muskens du Jeune Barreau de l’Ordre des Avocats de Genève (3e), Me Nicolas Etcheparre de la Conférence du Barreau des Hauts-de Seine, Me Virginie Roger de la Conférence du Jeune Barreau du Luxembourg, Me François Viseur de la Conférence du Jeune Barreau de Bruxelles et Me Alexandre Gilbert-Vanasse du Jeune Barreau de Québec.

Le jury était composé de l’honorable Manon Savard, Juge à la Cour d’appel du Québec, de Me Extra Junior Laguerre, Président du JBM, de Me Martin Desrues, 2e secrétaire de la Conférence des Avocats du Barreau de Paris, de Me Lobsang Duchunstang, Secrétaire avocat au Jeune Barreau de l’Ordre des Avocats de Genève ainsi que de Me Marie Rigal, 2e secrétaire de la Conférence du stage Barreau de Bordeaux.

Vous pouvez visionner la prestation de Me Tacheji sur la page Facebook du Jeune Barreau de Montréal.