Me Bernard Blouin de Miller Thomson
Me Bernard Blouin de Miller Thomson
L’agence financière Bloomberg, qui recense l’activité trimestrielle en F&A des cabinets d’avocats, vient de publier ses données annuelles sur les parts de marché. Il s’en dégage un triumvirat qui ferait pâlir d’envie les grands de ce monde : au chapitre du nombre de transactions de moins de 500 M$ US réalisées l’an dernier, Stikeman (122), Miller Thomson (100) et Blakes (97) sont les champions incontestés.

F&A réalisées

Parmi la vingtaine de cabinets actifs dans les transactions de fusions et d’acquisitions d’une valeur de moins de 500 M$ US, un secteur communément appelé mid-market, les données de Bloomberg relatent la forte dominance des cabinets nationaux canadiens.

Ainsi, les grandes études mondiales, telles Dentons et DLA Piper (non présentées ici), ne se démarquent pas beaucoup : leurs avocats n’ont enregistré qu’une vingtaine de transactions en moyenne, pour une valeur moyenne d’environ 1,5 milliard de dollars américains.

Comparées aux études Blakes (6,5 milliards $ US) Stikeman (5,9) ou même McCarthy Tétrault (3, 6), les concurrentes d’envergure internationale souffrent de modestie.

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Surprise!

Me André Roy, associé directeur de stikeman
Me André Roy, associé directeur de stikeman
Autre surprise, l’arrivée du cabinet Miller Thomson dans le palmarès. Bien que la valeur totales des transactions dont Miller Thomson a été le conseiller soit très petite par rapport à ses concurrentes—342 millions $ US seulement—, c’est le nombre de F&A conclues qui impressionne.

« Les valeurs affichées sont celles portant sur les transactions publiques seulement. Nous faisons beaucoup de transactions privées, dont les montants ne peuvent être révélés », explique l’associé-directeur du bureau montréalais de Miller Thomson Bernard Blouin. Me Blouin, qui dirige le groupe Droit des affaires du cabinet, insiste : « La valeur totale de nos transactions est nettement plus élevée que ce qui est indiqué dans les données. »

Récemment, André Roy, associé directeur de Stikeman à Montréal, expliquait à Droit-Inc que ces données « prouvent que notre modèle d’affaires fonctionne. Des sociétés étrangères viennent nous voir pour réaliser des acquisitions au Canada, mais il y a aussi des canadiennes qui font appel à nous pour leurs transactions à l’étranger, notamment parce qu’on est à l’aise avec la fiscalité internationale. »

F&A annoncées

Au chapitre des transactions annoncées, cependant, les grands noms internationaux reprennent un peu de leur lustre perdu dans le classement des transactions finalisées.

Les études américaines Skadden et White & Case trônent ainsi au sommet du palmarès, en terme de valeur totale, grâce à des annonces de 95,8 et 78,5 milliards $ US respectivement.

Fait à noter, ces deux firmes n’enregistrent qu’un petit nombre de transactions, dont le total combiné équivaut à moins de la moitié du nombre de transactions annoncées par leur plus proche rivale, Osler.

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Transactions transfrontalières

Me Robert Yalden, associé et co-président du groupe Fusion et acquisitions chez Osler
Me Robert Yalden, associé et co-président du groupe Fusion et acquisitions chez Osler
Le classement reflète les grandes transactions transfrontalières des dernières années. Le cabinet Osler, par exemple, disait récemment tirer parti de l’appétit des sociétés américaines et canadiennes pour les transactions transfrontalières. « Je dirais cependant que 90 % de notre activité consiste à aider les sociétés étrangères à faire des acquisitions au Canada », nous expliquait le montréalais Me Robert Yalden, associé et co-président du groupe Fusion et acquisitions chez Osler.

À l’instar du marché intermédiaire, un triumvirat se dégage quant au nombre de F&A, avec les mêmes trois joueurs—Stikeman (142), Blakes (117) et Miller Thomson (non présente dans le palmarès des transactions annoncées, malgré ses 101 transactions, pour une valeur totale de 1 milliard $ US, excluant les F&A privées).

Cependant, un quatrième larron fait son entrée en scène, alors que McCarthy Tétrault, avec une centaine d’annonces, totalisant 55,9 milliards $ US, coiffe tout juste Davies au poteau.

Au final, les cabinets canadiens font excellente figure.

Les données présentées ici ont été colligées par Bloomberg, mais compilées par Miller Thomson.