Me Marc Bellemare ne sera pas candidat au poste d'administrateur du CA.
Me Marc Bellemare ne sera pas candidat au poste d'administrateur du CA.
Me Marc Bellemare ne sera pas candidat au poste d'administrateur du CA. Après avoir mené « d'intenses consultations pendant toute la fin de semaine », Me Bellemare choisi de s'abstenir, cette fois-ci, d'être candidat au poste d'administrateur du Barreau .

« Je ne me laisserai pas piéger par les nouvelles règles électorales », qui seraient « indignes d'un ordre professionnel moderne et démocratique », écrit l'ex-ministre de la Justice dans un communiqué.

La semaine dernière, Me Bellemare annonçait ses intentions de briguer l'un des deux postes d'administrateur réservé à Québec sur le CA du Barreau. Le conjoint de Lu Chan Khuong avait confirmé au quotidien québécois Le Soleil avoir obtenu les 30 signatures lui permettant de déposer sa candidature.

Retournement de situation, hier, alors qu'il a finalement décidé de se désister, citant les règles entourant la présente élection bâtonnale. Elles ne viseraient, selon lui, « qu'à museler les nouveaux candidats et à favoriser les administrateurs qui s'accrochent au pouvoir ».

Dans l'énoncé de procédures électorales du Barreau, on peut lire, dans la section 2 portant sur la publicité des candidats, « qu'aucune publicité n’est permise à l’exception de celle offerte par le Barreau conformément aux articles 30, 35 et 36 des présentes règles ».

« Interdire la publicité , c'est empêcher les candidats de s'exprimer et de rejoindre les 26 500 membres du Barreau disséminés sur l'ensemble du territoire québécois », dénonce Marc Bellemare. La règle « interdit, pour un candidat ou son représentant, de communiquer par courriel et texto avec les membres du Barreau habiles à voter afin de promouvoir sa candidature ».

Des règles critiquées

Louis Fortier, avocat sherbrookois
Louis Fortier, avocat sherbrookois
Ce n'est pas la première critique émises au sujet des règles encadrant le scrutin.

Plus tôt cet hiver, l'avocat sherbrookois Louis Fortier dénonçait les règles d'un « ordre professionnel (qui) semble accorder davantage d'importance à son image qu'à la protection du public et aux principes de droit fondamental qu'il est censé défendre ».

Il déplorait en outre que les questions « inquisitoires » permettant d'établir l'éligibilité des candidats au poste de bâtonnier du Québec constituaient une « clause Lu Chan Khuong », visant à prévenir la candidature de la conjointe de Me Bellemare.

Louis Fortier rappelait en outre que « ni le Code des professions, ni la Loi sur le Barreau non plus que le Règlement sur les élections du Barreau du Québec ne confèrent au Comité électoral le pouvoir d'établir d'autres critères d'éligibilité. Qui plus est, le Comité électoral ne peut sous-déléguer son pouvoir décisionnel au Comité indépendant ».

Début février, Me Khuong s'en prenait également au plafond de dépenses électorales pour les candidats bâtonniers. Dans une série de commentaires publiés sur son fil d'actualités LinkedIn, elle soutenait alors que la tournée de la bâtonnière, où Claudia P. Prémont organisait des déjeuners-conférences avec les membres de plusieurs sections, était en fait une tournée pré-électorale payée par les cotisations.

Une « vraie élection »

Une troisième candidate, Me Marie-France Lahaye, s'est manifestée pour l'un des deux postes octroyés à la section Québec, ce qui a réjouit Marc Bellemare. C'est là une « heureuse initiative qui forcera la tenue d'une élection à Québec le 2 mai prochain. Je souhaite une plus grande implication des avocates et des avocats au sein du Barreau », qui ne doit pas être laissé « aux dirigeants actuels, dépensiers, effacés et repliés sur eux-mêmes », poursuit Me Bellemare.

Il conclut sa sortie en soutenant la candidature de Me Lu Chan Khuong et en plaidant pour un « Barreau actif et impliqué (qui) ne joue pas son rôle essentiel qui consiste à talonner le gouvernement pour qu'il assume ses responsabilités en matière de justice ».

C'est aujourd'hui à 16h que prend fin la période de mise en candidature.