Alexandre Bissonnette plaide coupable
Alexandre Bissonnette plaide coupable
Alexandre Bissonnette reconnaît être l'auteur de la tuerie à la grande mosquée de Québec, qui a fait six morts le 29 janvier 2017.

Il a plaidé coupable à toutes les accusations : six de meurtre au premier degré et six autres de tentatives de meurtre, sur une quarantaine de fidèles qui étaient réunis pour la prière.

Le meurtrier évite ainsi la tenue d'un procès qui s'annonçait pénible pour les familles des victimes. L'homme de 28 ans a confirmé son intention au juge lundi après-midi, mais une ordonnance de non-publication empêchait les médias de rapporter ce dénouement.

Ce matin, le juge François Huot a déclaré Bissonnette coupable des accusations, après avoir obtenu l'assurance du psychiatre Sylvain Faucher que le meurtrier était sain d'esprit.

Coup de théâtre

C'est un revirement inattendu de la part de l'accusé qui avait d'abord plaidé non coupable, lundi matin, aux accusations.

Au retour de la pause du dîner ce jour-là, Alexandre Bissonnette a pris tout le monde par surprise, y compris le juge, en faisant part de sa nouvelle intention.

Devant l'importance du moment, le juge François Huot a demandé à Bissonnette s'il était pleinement conscient des conséquences de sa décision. « J'y ai longuement réfléchi », a-t-il assuré devant la cour.

Bissonnette a justifié sa volte-face par de nouveaux éléments de preuve qui venaient de lui être transmis et qui ont mené à sa décision « mûrement réfléchie ».

Ses avocats ont reçu le rapport d'une psychiatre sur lequel il devait baser leur défense au cours de la dernière fin de semaine.

Malgré le choix de l'accusé, le juge a pris de nombreuses précautions en lui posant des questions sur son état mental et physique. Le frêle jeune homme a confirmé qu'il n'était pas sous l'influence d'aucune substance intoxicante.

La prison à vie

En reconnaissant les meurtres, Alexandre Bissonnette est condamné automatiquement à une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. La poursuite peut demander que cette période soit cumulative pour les six meurtres.

Le juge a d'ailleurs fait remarquer au principal intéressé qu'il pourrait - théoriquement - devoir attendre 150 ans avant d'être admissible à une libération conditionnelle.

« Je le sais », a timidement répondu Bissonnette, la gorge nouée. Il a précisé que c'était une décision prise « dans (son) coeur (...) pour éviter que les victimes et leur famille aient à revivre encore toute cette tragédie ».

S'il avait d'abord baissé la tête à la lecture de chacune des accusations, Bissonnette l'a relevée pour regarder le juge droit dans les yeux alors qu'il se déclarait coupable.

Alexandre Bissonnette a lu devant les familles des victimes et le tribunal une lettre d'excuses. Pour la lire, cliquez ici.