Ahmed Fekry Ibrahim, professeur adjoint à l’Université McGill
Ahmed Fekry Ibrahim, professeur adjoint à l’Université McGill
C’est en tout cas ce que prétend Ahmed Fekry Ibrahim, professeur adjoint à l’Université McGill. Il clame que l’étudiante Sarah Abdelshamy et le professeur adjoint Pasha Khan ont tout fait pour le faire passer pour un agresseur sexuel, écrit La Presse.

Pour le représenter, Me Julius Grey, coassocié fondateur de Grey Casgrain.

M. Ibrahim enseigne à l’Institut d’études islamiques de l’Université McGill. Le 1er mai dernier, il a appris à son grand désarroi qu’un poste permanent lui avait été refusé et qu’il devrait donc quitter l’Université après son contrat. Une décision motivée en grande partie, selon lui, par la « campagne impitoyable » menée contre lui.

Tout ça a commencé en 2014, quand M. Ibrahim a eu une relation consensuelle avec une étudiante, plaide-t-il dans sa requête. Il y a mis fin environ un an plus tard, en avril 2015. À l’époque, il désirait se concentrer davantage sur sa carrière et souhaitait oublier cette histoire.

Le début des problèmes

Mais cet épisode a refait surface à l’automne 2016, alors que des étudiants au fait de la relation se sont mobilisés pour l’empêcher d’obtenir sa permanence.

Puis, en février 2017, quelques jours après l’attentat à la mosquée de Québec, M. Ibrahim a alors lancé en classe un débat sur l’islamophobie. L’atmosphère était intense et le débat aurait alors mal tourné, alors que l’étudiante musulmane Sarah Abdelshamy, celle-là même visée par le recours, se serait mise en colère, relate la poursuite.

Elle a répliqué dans un texte publié dans le journal étudiant The McGill Daily, arguant que le professeur l’a interrompue à plusieurs reprises et ne l’a pas laissée articuler ses pensées.

L’escalade de tensions aurait encore monté d’un cran alors que Mme Abdelshamy aurait promis de faire renvoyer le professeur. Elle aurait alors fait circuler une pétition contre lui en exhortant l’Université à refuser la permanence demandée par M. Ibrahim.

Cette campagne serait donc une vendetta orchestrée contre lui, allègue la demande en justice.

Pas de vengeance

Des allégations que réfute Mme Abdelshamy. Si elle admet avoir dénoncé les comportements du professeur, elle n’a été motivée par aucune forme de vengeance, a affirmé à La Presse Me Audrey Boctor, son avocate.

Me Boctor rappelle que d’autre étudiants ont fait part de leurs préoccupations par rapport au professeur et que Mme Abdelshamy n’est donc pas la seule à avoir agi. Une cinquantaine d’étudiants, notamment, ont signé une pétition, dit-elle. L’avocate compte donc défendre le droit de sa cliente de dénoncer sur la place publique une conduite jugée problématique.

Le professeur poursuivi, Pasha Khan, aurait participé à la campagne, si on en croit la poursuite. Notamment, on lui reproche d’avoir raconté à une étudiante que M. Ibrahim était un violeur et un prédateur sexuel. Il aurait aussi déclaré par courriel à cette étudiante que M. Ibrahim avait entretenu de nombreuses relations avec des étudiantes de premier cycle.

Sans commenter le cas particulier de son client, Me Grey, l’avocat de M. Ibrahim, s’inquiète de voir une dérive du mouvement #metoo. Il trouve déplorable de voir redresser un tort par un autre sans vérification, a-t-il déclaré à La Presse.

Évidemment, l’affaire sera à suivre, les allégations de M. Ibrahim n’ayant pas été prouvées en Cour.