Me André d’Orsonnens
Me André d’Orsonnens
C’est Me André d’Orsonnens qui est derrière l’entreprise Druide informatique, créateur du célèbre logiciel Antidote! Et le moins que l’on puisse dire est que son succès a été fulgurant.

Son grand saut s’effectue le 26 novembre 1995. Développant à temps plein la commercialisation d’Antidote, il continue de travailler sur une partie de ses dossiers chez Heenan Blaikie.

« Conserver 25 % de mes clients me permettait de faire 85 % de mes revenus. C’était une année encore plus folle que ma première en droit! »

Douze mois plus tard, le produit officiel est lancé. Dès sa première année sur le marché, Antidote est rentable. Si on exclut le bogue de l’an 2000 de l’équation, le logiciel génère des profits croissants d’année en année jusqu’à aujourd’hui.

Le secret du succès selon Me d’Orsonnens: investir un dollar en commercialisation pour chaque dollar consacré au développement du produit.

« Je pense que d’autres ont tellement investi dans la recherche et développement qu’ils en ont oublié la commercialisation. On ne fera jamais cette erreur-là. »

N’empêche que depuis sa création, Antidote propose des innovations constantes. Après avoir ajouté l’anglais à son produit de base, l’entreprise souhaite offrir un dictionnaire français-anglais à ses utilisateurs.


Sauter à l’eau

Au moment de s’inscrire à l’Université, le cofondateur et chef de la direction de Druide informatique hésitait entre le droit et les affaires. Même s’il a d’abord obtenu sa certification d’avocat, le destin a voulu qu’il trouve sa niche en tant qu’entrepreneur.

Au bout du fil, il nous corrige lorsqu’on lui demande ce qu’il l’a poussé à laisser tomber le droit.

« C’est plutôt que j’ai choisi une opportunité qui s’est présentée à moi en cours de route. Des fois, la meilleure chose à faire est de sauter à l’eau et de s’abandonner au courant! »

Après avoir obtenu son baccalauréat à l’Université de Montréal en 1983, Me d’Orsonnens décroche un stage au sein du cabinet Hemens, Harris, Thomas, Mason, Schweitzer, Allain, McNeil et Hogue.

« Je crois bien qu’ils m’ont embauché parce que j’étais le seul à pouvoir nommer le nom de leur cabinet sans me tromper! », plaisante-t-il.

Quelques mois plus tard, le jeune étudiant obtient son Barreau au sein de cette organisation qui sera finalement dissoute. Me d’Orsonnens rejoint alors son mentor Me James Heenan, qui fonde le défunt cabinet Heenan Blaikie.

Petit à petit, il développe un intérêt marqué pour le litige commercial. Vingt ans plus tard, cette spécialisation semble toujours le fasciner.

« Je n’avais pas de routine. Chaque jour, je rencontrais des êtres issus de milieux différents qui avaient des problèmes différents. J’adorais mon métier. »

Aujourd’hui, Me D’Orsonnens pratiquerait peut-être toujours le litige commercial si ce n’était d’une proposition de son ami de longue date, Éric Brunelle...


L’appel de l’entrepreunariat

En 1993, ce dernier lui a ainsi expliqué qu’il avait conçu un correcteur grammatical dans le cadre de son projet de maîtrise en ingénierie. À l’aube d’entrer dans le marché du travail, il propose donc à son ami André de l’aider à commercialiser Antidote.

Intrigué par cette innovation, l’avocat l’invite à lire divers ouvrages sur la création d’entreprise avant de songer à concrétiser son concept.

« Il existait déjà des correcteurs grammaticaux sur le marché. Pour connaître du succès, il fallait absolument trouver une proposition d’unicité, un concept différenciateur qui nous permettrait gagner notre place en affaires. »

C’est à ce moment que naît une version embryonnaire du logiciel Antidote. À l’image de la suite Microsoft, Druide informatique avait concocté un concept dans lequel l’utilisateur pouvait momentanément accéder à tous les outils grammaticaux.

Une fois le plan d’affaires de la compagnie montée, le financement trouvé et la recherche et développement démarré, Me d’Orsonnens annonce à ses patrons sa démission deux ans à l’avance : il deviendra chef de la direction de la nouvelle entreprise.


Au suivant

Malgré ses succès, Me André d’Orsonnens demeure humble : il sait que sans le support des autres, il ne serait pas où il en est aujourd’hui.

Depuis 2013, il s’implique en tant que président du conseil d’administration du SAJE, accompagnateur d’entrepreneurs. Il est également à la base de la Bourse du défi ose entreprendre et du Grand prix Druide de la création d’entreprise.

« J’ai pu compter sur un support énorme pour arriver à mes fins. En aidant les autres, j’essaie de participer à la pérennité de l'entrepreneuriat au Québec. »

Sa reconnaissance ne se limite pas qu’au domaine de l'entrepreneuriat, alors qu’il estime bénéficier encore de sa formation en droit.

« Le droit apprend aux gens comment réfléchir, comment aborder une situation donnée. Le droit me permet surtout au quotidien de douter. De me demander toujours si j’ai raison et de me questionner sur tout. »

Finalement, cette gratitude ne s’est pas limitée qu’à des mots : les fondateurs de Druide informatique ont remis un don d’une valeur d’un million de dollars à l’Université de Montréal étalé sur une période de cinq ans.