Mes Hugo Vaillancourt,Sylvain Roy,Alain-Pierre Lecours et Edward Claxton.
Mes Hugo Vaillancourt,Sylvain Roy,Alain-Pierre Lecours et Edward Claxton.
On y pense, rêve et se l’imagine durant de longues années. Pour plusieurs avocats, lancer sa pratique solo est synonyme d’accomplissement ultime.

Bien que cela semble satisfaisant, mener sa propre pratique n’est pas destinée à tout le monde. Pour chaque histoire de réussite, il y a un avocat qui préfère tout laisser tomber, travailler dans un grand cabinet.

Des avocats ont accepté de livrer à Droit-Inc leurs impressions sur la vie en solo, en plus de confier quelques conseils.

Sans filet

« Il est nécessaire d'être très vigilant dans ses procédures en solo, car il n'est pas rare que personne ne puisse réviser la procédure avant son envoi. En cas de problème, on ne pourra que se blâmer soi-même » , mentionne Me Hugo Vaillancourt.

C’est une réalité de la pratique solo : personne ne révise vos démarches, ce qui vous rend plus sujet à commettre des erreurs.

La seule manière d’éviter ce problème est de trouver d’autres avocats pour réviser vos écrits, même si vous êtes seul. Considérez partager un bureau avec d’autres avocats avec qui vous pourrez collaborer.

La patience est de mise

Me Hugo Vaillancourt.
Me Hugo Vaillancourt.
Vous vous imaginez déjà empiler les billets verts après vos premières semaines d’activité? Ressaisissez-vous!

« Le succès attire le succès. Lorsqu’on n’a pas de clients au départ, il est difficile d’en trouver », explique Me Sylvain Roy.

Soyez patient. N’essayez pas de travailler sur le plus grand nombre de dossiers possible : soyez plutôt constamment à la recherche des dossiers qui vous feront avancer à pas de géants.

« Au bout de la ligne, il faut se rappeler que lorsqu’on réussit à avoir de gros dossiers, on n’a pas un seul sou à investir dans la retraite d’une bande de cheveux gris comme un gros cabinet » assure Me Tremblay.

Ressources limitées

Même si vous connaissez beaucoup de succès, vous n’aurez pas accès aux mêmes ressources financières qu’un cabinet employant des centaines d’avocats.

« On tend à être réactif aujourd’hui. Même au début avec internet, on voyait que les grands cabinets pouvaient s’adapter beaucoup plus rapidement que les autres. Les choses n’ont pas changé! » assure Me Alain-Pierre Lecours, qui a déjà tenu sa pratique solo.

Il n’y a pas de remède miracle à cette fatalité. Si vous lancez votre pratique solo, n’essayez pas d’aller à la guerre contre les grands cabinets en utilisant le feu contre le feu.

Tentez de vous distinguer en faisant briller vos habiletés techniques et vos connaissances.

Visibilité

Vous envisagez commencer votre pratique en travaillant de la maison? C’est compréhensible…

Louer ou acheter un local où vous tiendrez votre pratique dans le centre-ville de Montréal peut être excessivement cher, surtout lorsque l’on n’a pas le chiffre d’affaires nécessaire pour justifier cette dépense.

C’est toutefois une dépense qui en vaut la peine.

Me Sylvain Roy
Me Sylvain Roy
Me Edward Claxton est désormais associé chez Aust après avoir abandonné sa pratique solo. Il avoue que si c’était à refaire, il travaillerait d’un bureau dans le centre-ville de Montréal.

« Lorsque je tenais ma pratique solo, je ne rencontrais plus d’autres avocats du milieu. Je n’arrivais plus à élargir mon réseau puisque je n’étais plus sur le terrain. »

Pour démarrer votre pratique solo en force, vous devez vous mettre toutes les chances de réussite de votre côté. N’hésitez pas à investir dans un lieu de travail qui vous fera rayonner dans le marché.

Une question de coûts

Dans un gros cabinet, plusieurs acteurs juridiques importants peuvent participer à l’élaboration d’un dossier. De la secrétaire qui recevra l’appel du client jusqu’au stagiaire qui fera quelques recherches, tout le monde peut contribuer.

Lorsqu’on pratique en solo, il est plus difficile de miser sur une équipe de soutien de qualité.

« Personnellement, j’ai réalisé que je n’arrivais pas à offrir des prix optimaux à mes clients puisque je ne misais pas sur une équipe de soutien. Je perdais beaucoup de temps sur des tâches administratives » confie Me Claxton.

Ce temps que vous consacrerez à des tâches administratives, vous pourriez l’utiliser pour travailler sur un plus grand nombre de dossiers.

Même si vous êtes seul, n’hésitez pas à embaucher des employés qui vous aideront au quotidien puis qui vous permettront de vous concentrer sur vos tâches les plus importantes.