Me Muriel Librati. Photo : Site Web de Montreal Family Law
Me Muriel Librati. Photo : Site Web de Montreal Family Law
On le sait, la situation exceptionnelle causée par la pandémie a affecté à peu près tous les domaines, y compris le droit. Mais pour ceux qui oeuvrent en droit de la famille, on peut dire qu’il n’y a pas vraiment eu de répit, selon deux avocates que nous avons consultées.

Non seulement les affaires ont continué de rouler, mais elles se sont multipliées et complexifiées, constate Me Muriel Librati, avocate en droit de la famille, associée chez Teitelbaum Librati.

« Il fallait éteindre des feux », résume-t-elle, ajoutant qu’elle devait en plus jouer un rôle de psychologue auprès de certains de ses clients, encore plus stressés qu’à l’habitude.

Elle précise qu’en temps normal, elle se voit confier deux ou trois nouveaux dossiers de divorce par mois, alors que depuis le début de la pandémie, c’est plutôt deux nouveaux dossiers par semaine.

Même son de cloche chez Veronica Vallelonga, avocate spécialisée en droit de la famille, fondatrice de Vallelonga Avocate et associée chez Devichy, qui a remarqué une augmentation surtout chez les familles avec des jeunes enfants.

Les conséquences de la pandémie se sont rapidement fait sentir dans ces dossiers.

« Certains clients trouvaient ça difficile de nous parler seulement au téléphone, poursuit-elle. Ils avaient besoin d’un contact humain pour être rassurés et se sentir soutenus émotionnellement. »

« Je n’ai jamais vu tant de stress et d’anxiété », fait remarquer Me Vallelonga.

« On est tous dans la même situation, dans l’inconnu, par rapport à la pandémie, ajoute-t-elle. Mais quand on jumelle à cela un divorce et des litiges par rapport à la garde… »

Me Veronica Vallelonga. Photo : Site Web de Devichy
Me Veronica Vallelonga. Photo : Site Web de Devichy
Imaginez quand les deux personnes en instance de séparation continuaient d’habiter sous le même toit, pendant le confinement.

« Ç’a créé beaucoup de problèmes, indique Me Librati. On leur conseillait de rester dans leur chambre, ou alors de sortir dans le jardin, d’aller prendre une marche… Ce n’était vraiment pas évident. »

Des ajustements nécessaires

Les deux avocates ont remarqué plusieurs problématiques en lien avec la crise sanitaire, notamment en ce qui concerne la division des actifs et les pensions alimentaires.

« On a vu beaucoup de clients (ou les parties adverses) qui ont perdu leur emploi, donc on devait retourner à la cour pour ajuster la pension alimentaire », affirme Me Vallelonga.

Me Librati a même eu un client qui avait attrapé la COVID et perdu son emploi. Heureusement, elle a réussi à renégocier la pension alimentaire qu’il versait à son ex-femme et à leurs enfants.

Me Vallelonga affirme avoir tenté (encore plus qu’à l’habitude) de négocier avec les parties adverses pour sauver des coûts et des honoraires à ses clients, mais selon elle, ce n’est pas évident, en ce moment.

« Maintenant, c’est vraiment difficile de négocier, constate-t-elle. On essaie de soumettre une lettre à la partie adverse, de faire des conférences de règlement à l'amiable… Mais la plupart des nouveaux clients ont le stress dans le tapis. Ils me disent: “non, je veux plus négocier”. Et je les comprends, en même temps. »

Les problèmes techniques pendant les auditions virtuelles ont aussi causé beaucoup d’émoi, autant pour les avocats que les clients, raconte Me Librati. Elle affirme maintenant se prévoir une heure de plus, chaque fois, en cas de pépin technique.