Des gens rendent hommage à la défunte juge Ruth Bader Ginsburg devant la Cour suprême des États-Unis, à Washington. Photo : Radio-Canada
Des gens rendent hommage à la défunte juge Ruth Bader Ginsburg devant la Cour suprême des États-Unis, à Washington. Photo : Radio-Canada

Donald Trump prévoit annoncer vendredi ou samedi le nom de la candidate qu'il propose pour succéder à la défunte juge Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des États-Unis.

Dans un entretien à la chaîne Fox News lundi matin, le président américain a dit vouloir attendre que les obsèques de Mme Ginsburg soient achevées avant de faire connaître son choix.

Il a par ailleurs estimé que le Sénat à majorité républicaine doit confirmer la nomination d'un nouveau juge avant l'élection présidentielle du 3 novembre.

« Le vote final devra se tenir avant l'élection. Nous avons largement le temps », indiquait Donald Trump à Fox News.

M. Trump a annoncé samedi qu'il entend nommer une femme pour succéder à Ruth Bader Ginsburg.

Amy Coney Barrett et Barbara Lagoa, qu'il avait déjà nommées comme juges dans des cours d'appel fédérales, sont considérées comme les favorites à l'heure actuelle.

Si M. Trump annonce son choix vendredi, il ne restera que 39 jours aux sénateurs pour l'approuver avant le scrutin présidentiel.

Une confirmation par le Sénat au cours de cette période serait la plus rapide depuis celle de la juge Sandra Day O'Connor, en 1981, selon le New York Times. Depuis 1975, les confirmations prennent en moyenne 70 jours, calcule le quotidien.

Le décès de Mme Ginsburg, figure de proue du camp progressiste au plus haut tribunal du pays, donne lieu à une bataille pour sa succession qui chamboule la campagne électorale et pourrait bouleverser la société américaine.

Depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2017, M. Trump a nommé deux juges réputés conservateurs à la Cour suprême des États-Unis, soit Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh.

Une nouvelle nomination du président à la Cour suprême, si elle était approuvée par le Sénat, serait l'occasion de porter sa majorité conservatrice à six juges contre trois.

À la recherche de quatre alliés républicains

En vertu de la Constitution, il revient au président de proposer un candidat pour un poste de juge à la Cour suprême, mais il appartient au Sénat de confirmer cette nomination avec une majorité simple.

À l'heure actuelle, les républicains détiennent 53 des 100 sièges à la chambre haute du Congrès, contre 47 pour les démocrates.

En cas d'égalité dans les votes, le vice-président dispose d'un vote prépondérant à titre de président du Sénat. Pour que la candidate de M. Trump soit rejetée, il faut donc que quatre sénateurs républicains se joignent aux démocrates.

Les démocrates arguent que la nomination d'un nouveau juge devrait être repoussée après la présidentielle du 3 novembre, dans l'espoir qu'elle soit faite par Joe Biden, s'il remporte le scrutin.

Ils rappellent qu'en 2016, les sénateurs républicains avaient refusé de confirmer une nomination à la Cour suprême faite par le président démocrate Barack Obama, en faisant valoir que ce droit devait revenir au nouveau président.

Jusqu'à présent, deux sénatrices républicaines, Susan Collins et Lisa Murkowski, se sont publiquement opposées à un vote de confirmation avant l'élection présidentielle.

Les républicains Mitt Romney et Chuck Grassley sont deux autres sénateurs susceptibles d'adopter cette position, mais ils n'ont pas encore fait connaître leur position.