Le juge Alexandre Dalmau. Source : Archives
Le juge Alexandre Dalmau. Source : Archives
« Nous ne serions probablement pas rendus là où nous en sommes si Groupe TVA inc. avait respecté l’engagement de confidentialité pris par son journaliste et protégé l’identité de ses sources », a déclaré le juge Alexandre Dalmau dans une décision rendue jeudi dernier au palais de justice de Montréal, rapporte La Presse.

Cette décision du juge Dalmau fait suite à une ordonnance de la Sûreté du Québec (SQ), qui visait à forcer le Groupe TVA à lui remettre du matériel journalistique.

Le matériel en question ? Une entrevue de Sébastien Boulanger-Dorval, le suspect principal dans l’enquête de la SQ sur la fuite de données chez Desjardins.

Groupe TVA a présenté en octobre 2019, dans le cadre de l’émission J.E., une entrevue avec l'ex-employé de Desjardins. L’anonymat de ce dernier n’a pas été respecté, alors que les journalistes de J.E. auraient promis d’agir en ce sens, toujours selon La Presse.

Tout en estimant que Groupe TVA aurait pu conserver l’anonymat de M. Boulanger-Dorval et de sa conjointe, le magistrat a rejeté l’ordonnance de communication de la SQ.

« La portion “non publiée” est constituée d’éléments tellement peu probants ou utiles à l’enquête que la nécessité de recourir à une ordonnance de communication devient pratiquement nulle », a conclu le magistrat selon La Presse.

Contactée par Droit-inc, la vice-présidente aux communications de Groupe TVA, Mme Véronique Mercier, nous a référé à la déclaration émise par TVA Nouvelles vendredi dernier.

« En tout respect, nous croyons essentiel d’apporter certaines clarifications qui permettent une mise en contexte allant au-delà des détails analysés dans l’enregistrement remis à la Cour. En effet, à la suite de cette première entrevue, les sources ont bien été informées que leurs témoignages avaient été enregistrés et que l’équipe de J.E. souhaitait en diffuser des extraits », indique notamment la déclaration.

« Les sources ont par la suite continué à échanger avec notre journaliste en toute connaissance de cause, avant et après la diffusion de l’émission. Dans un souci de vouloir protéger nos sources, nous n’avons pas commenté davantage devant le tribunal et nous ne ferons aucun autre commentaire dans ce dossier ».