Me Pierre Lortie, conseiller principal, affaires chez Dentons Canada
Me Pierre Lortie, conseiller principal, affaires chez Dentons Canada
Les discussions s’activent entre Ottawa et le Canadien National afin de permettre le rachat du pont de Québec par le gouvernement fédéral. Un négociateur a même été embauché par le CN pour conclure une entente.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, c’est Pierre Lortie, conseiller principal affaires au cabinet d’avocats Dentons, qui a obtenu le mandat.

M. Lortie jouit d’une longue feuille de route dans le milieu des affaires et a notamment occupé plusieurs postes de direction chez Bombardier dans les années 1990 et 2000. Il est actuellement administrateur chez ECN Capital, une firme de services financiers.

Pierre Lortie a été embauché par la compagnie des chemins de fer le mois dernier et est désormais le principal interlocuteur d’Yvon Charest, qui représente le gouvernement Trudeau à la table des discussions.

M. Charest, ancien grand patron de l’Industrielle Alliance, s’est vu confier le mandat de négocier le rachat du pont de Québec avec le Canadien National le printemps dernier.

800 M$ de travaux

Le gouvernement fédéral souhaite obtenir une juste compensation du CN et du gouvernement Legault avant d'officialiser le transfert des droits de propriété du pont de Québec.

Si le Canadien National est propriétaire de la structure, le gouvernement du Québec en est le principal locataire. Avec plus de 30 000 véhicules qui y circulent chaque jour, le pont de Québec demeure un lien névralgique avec la Rive-Sud.

Selon des chiffres confirmés par Radio-Canada, des travaux d’au moins 800 millions de dollars seront nécessaires d’ici 25 ans pour remettre le pont en état.

La part du lion de la compensation réclamée par Ottawa sera déboursée par le Canadien National, mais il apparaît évident que le gouvernement Legault devra aussi faire sa part.

Échéance électorale

La perspective d’élections fédérales d’ici la fin de l’été pourrait également contribuer à faire débloquer les discussions.

Après avoir promis de régler le dossier du pont de Québec en prenant le pouvoir en 2015 et de nouveau en 2019, les libéraux fédéraux peuvent difficilement se représenter devant les électeurs sans entente de principe avec le CN.

En avril dernier, le président du Conseil du Trésor canadien et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a répété qu’il espérait une entente « le plus rapidement possible avec le CN ».

Son cabinet n’a pas voulu commenter l’arrivée de Pierre Lortie dans le dossier, mais a réitéré sa confiance envers Yvon Charest.

« M. Charest dispose d'un mandat clair et de toute notre confiance pour mener à bien les négociations sur le rachat du pont. Par respect pour le processus en cours, nous ne commenterons pas davantage », explique le directeur des communications, Karl Sasseville.