Me Julius Grey. Photo : Site web de Grey Casgrain Avocats
Me Julius Grey. Photo : Site web de Grey Casgrain Avocats
L'avocat montréalais Julius Grey entend contester le système qui permet de répartir les effectifs du corps médical sur le territoire québécois.

Il veut demander à un juge de suspendre les nouveaux plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM) pour 2022.

Un médecin détenteur d'un permis de pratique au Collège des médecins du Québec s'engage à consacrer au moins 55 % de ses jours de facturation, sur une base annuelle, dans la région ou le territoire où il détient son avis de conformité aux PREM.

Me Grey s'élève contre la récente décision du ministre de la Santé, Christian Dubé, de réduire le nombre de nouveaux médecins de famille pouvant exercer leur profession sur l'île de Montréal et d'en augmenter le nombre dans les régions avoisinantes.

Selon lui, le système actuel est inconstitutionnel. Il compte obtenir la semaine prochaine une injonction interlocutoire visant à empêcher la mise en place immédiate des nouveaux PREM avant que l'ensemble de la cause soit entendue.

« J'espère qu'un juge va annuler ces changements administratifs et rendra le système inopérant, dit Me Grey. On ne peut pas donner trop de temps au gouvernement, car la cause est vraiment urgente ».

L'avocat argue que le système est arbitraire et injuste, ajoutant que le manque de médecins de famille dans certaines régions contrevient au droit à la sécurité d'une personne. Il souligne aussi que les PREM ont des répercussions négatives sur le droit à la mobilité des gens.

Le Dr Mark Roper, un médecin de famille qui est aussi directeur de la division des soins primaires au Département de médecine de famille de l'Université McGill, affirme que près de 650 000 personnes n'ont pas de médecin de famille sur l'île de Montréal, bien plus que dans toutes les autres régions de la province.

Il avance que le gouvernement québécois sous-estime le nombre de médecins de famille nécessaires à Montréal, mettant ainsi en danger la santé de la population. Il dit que les PREM poussent les médecins à s'installer à l'extérieur du Québec et empêchent ceux qui ont quitté la Belle Province d'y revenir.

« Nous devrions être un importateur de médecins de famille, comme nous l'étions avant. Depuis l'arrivée des PREM, nous sommes devenus des exportateurs, déplore le Dr Roper. En réalité, le nombre de places disponibles sur les PREM est d'environ 5 % inférieur au nombre de diplômés ».

Les libéraux ont reproché au ministre Dubé de vouloir favoriser des régions caquistes au détriment d'une région traditionnellement acquise au PLQ. M. Dubé nie être motivé par des raisons partisanes.

Interrogé par des journalistes à ce sujet, il a déclaré que « si s'occuper des gens du 450 est politique, alors les PREM sont politiques ».

« Je vais être clair : chaque Québécois doit être traité de la même façon. Chaque fois que j'aurai des données prouvant qu'il y a moins de médecins dans des régions, je prendrai ce genre de décision. Les gens des régions doivent être traités aussi équitablement que ceux de Montréal ou d'ailleurs ».