Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, se dit victime de propos haineux. Source : Radio-Canada
Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, se dit victime de propos haineux. Source : Radio-Canada
Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, songe à déposer une plainte à la police, car il se dit la cible d'attaques virulentes sur le web.

Le candidat à la mairie a partagé sur Twitter jeudi après-midi le libellé d'un message particulièrement injurieux qu'il dit avoir reçu. La missive, bourrée de fautes d'orthographe, dépeint notamment M. Holness comme un « hosti de sale n... » et un « salaud d'immigrant qui doit être tué ».

« Je reçois ce genre de messages sans arrêt, des gens m'attaquent, moi, nos candidats, les membres de Montréal en Action (le groupe qui a donné naissance à Mouvement Montréal, NDLR). Nous ne sommes pas découragés. Le 7 novembre, votez pour le changement », a tweeté en anglais M. Holness.

La publication a aussitôt généré une immense vague de sympathie sur le réseau social, notamment de la part de ses adversaires Valérie Plante et Denis Coderre, qui ont tour à tour dénoncé la situation. Même le ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme, Benoit Charette, l'a condamnée.

Des internautes ont par ailleurs souligné que l'adresse électronique fournie par l'auteur du message retransmis par Balarama Holness, « Jos.Montferand à bell.ca », était inexistante.

Le principal intéressé a depuis confirmé à Radio-Canada que la missive lui avait été transmise par l'intermédiaire d'un formulaire disponible sur son site web, balaramaholness.com, jeudi matin, un peu avant 10 h 45.

« Pour moi, c'est comme une commotion émotionnelle que j'ai eu ce matin, a confié le chef de Mouvement Montréal en entrevue. Ça m'a bouleversé. Mais là, avec la menace de mort, c'est allé bien au-delà de la norme de la haine que je reçois normalement. »

« Cette violence-là, en ligne, peut vraiment se transcrire en personne dans le monde physique. Je vais donc porter plainte et en parler avec le SPVM », Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal.

Par courriel, le service de police a indiqué en fin de journée que son Module des incidents et des crimes haineux (MICH) était au « fait du dossier. »

Un enjeu de société

L'intimidation des élus sur le web est devenue un véritable enjeu de société, selon le gouvernement du Québec, qui a lancé la semaine dernière un plan d’action pour s'y attaquer.

Une dizaine de mesures ont été présentées dans le but de résoudre le problème pour de bon.

Plusieurs élus municipaux du Grand Montréal ont justifié leur décision de quitter la politique cette année en raison – en tout ou en partie – du climat toxique qui règne sur le web, dont les maires de Verdun (Jean-François Parenteau), Mont-Royal (Philippe Roy), Sainte-Adèle (Nadine Brière) et Saint-Jean-de-Matha (Martin Rondeau).

La ministre des Affaires municipales du Québec, Andrée Laforest, a dévoilé le 7 octobre dernier 11 mesures pour contrer l'intimidation et le harcèlement en ligne des élus municipaux ainsi que pour inciter la population à faire « une utilisation saine des médias sociaux ».

La couverture médiatique de Balarama Holness a fortement augmenté depuis l'annonce de la fusion de son parti avec celui de Marc-Antoine Desjardins, Ralliement pour Montréal, le 30 septembre dernier, soit la veille de la fin de la période de mises en candidature.

Cette alliance, forgée pour présenter une « troisième voie crédible », a toutefois provoqué des flammèches, les deux formations défendant des idées contraires en matière de langue et de sécurité. Mouvement Montréal prônait le bilinguisme officiel et la réduction du budget de la police, ce qui n’était pas le cas de Ralliement pour Montréal.

Résultat : deux anciens collaborateurs de Marc-Antoine DesjardinsJean-François Cloutier et Brigitte Lamoureux – se sont désistés le 1er octobre.

Un autre – Jean Pierre Boivin – a annoncé mercredi son intention de faire campagne à titre d'indépendant après avoir appris que Balarama Holness souhaiterait tenir un référendum sur le statut linguistique de la métropole afin que celle-ci devienne une ville bilingue.

« La langue est une question très difficile et délicate, a convenu le chef de Mouvement Montréal en entrevue jeudi. Mais une chose est très claire : nous devons défendre les minorités à tous les niveaux, y compris les minorités linguistiques ici à Montréal, alors nous ne sommes pas découragés. »