Me Olivier Desjardins, Me Emmanuelle Riverin et Me Gabrielle Genest. Source: Site web de Desjardins Riverin Avocats inc
Me Olivier Desjardins, Me Emmanuelle Riverin et Me Gabrielle Genest. Source: Site web de Desjardins Riverin Avocats inc
L'ex-vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau demande réparation pour les accusations de fraude, complot, corruption et abus de confiance déposées contre elle en mars 2016 dans le cadre d'une saga qui aura « hypothéqué près de cinq ans de sa vie ». Elle réclame 2,5 millions de dollars du Procureur général du Québec (PGQ).

Me Olivier Desjardins, Me Emmanuelle Riverin et Me Gabrielle Genest de Desjardins Riverin Avocats inc. représentent la demanderesse dans cette affaire. Me Alexandre Ouellet et Me Stéphanie Quirion-Cantin représentent la partie défenderesse.

« Ces accusations résultaient d'enquêtes fautives et avaient plutôt pour motivation de favoriser le renouvellement du mandat du commissaire Robert Lafrenière et la création de l'UPAC comme corps de police indépendant », soutient Mme Normandeau dans un communiqué transmis à la presse lundi, en fin de journée.

Elle tient l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) responsables des dommages engendrés.

Me Olivier Desjardins, Me Emmanuelle Riverin et Me Gabrielle Genest. Source: Site web de Desjardins Riverin Avocats inc
Me Olivier Desjardins, Me Emmanuelle Riverin et Me Gabrielle Genest. Source: Site web de Desjardins Riverin Avocats inc
« Je devrai apprendre à vivre avec ces accusations qui ont hypothéqué près de cinq ans de ma vie. Les préjudices ont été nombreux et, pour cette raison, je réclame une somme de 2,5 millions de dollars au PGQ », explique-t-elle.

La demande introductive d'instance a été déposée le 22 octobre dernier, précise-t-on dans le communiqué. Le tribunal avait acquiescé à la demande des deux parties en litige, qui souhaitaient que la poursuite demeure sous scellés pendant 30 jours. Ce délai a expiré lundi à 16 h 30.

« Compte tenu de la judiciarisation du dossier, Mme Normandeau ne fera aucun autre commentaire sur le sujet », conclut le communiqué.

« Je comprends très bien la citoyenne Nathalie Normandeau qui décide d'aller de l'avant avec cette démarche », a brièvement commenté la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Une saga de quatre ans et demi

Le 25 septembre 2020, Nathalie Normandeau et cinq coaccusés ont vu les poursuites judiciaires intentées contre eux abandonnées pour délais déraisonnables, le juge André Perreault ayant accepté la demande de type Jordan qu'ils avaient déposée. Le jour même, la principale intéressée avait fait savoir qu'elle pourrait poursuivre l'État.

Me Stéphanie Quirion-Cantin. Source: LinkedIn
Me Stéphanie Quirion-Cantin. Source: LinkedIn
Cette longue saga avait débuté quatre ans et demi auparavant avec l’arrestation de Mme Normandeau par l'UPAC dans le cadre d'une enquête portant sur l'octroi de financement politique en échange de contrats publics.

Une première requête en arrêt des procédures avait été rejetée en 2018. Puis, l'année suivante, 5 des 8 accusations portées contre Mme Normandeau avaient été abandonnées.

En octobre 2020, le DPCP avait déclaré qu'il ne comptait pas faire appel dans ce dossier.

L'ex-politicienne a toujours clamé son innocence et se disait victime d'une injustice judiciaire et policière. Elle a d'ailleurs écrit un livre, intitulé Debout devant l'injustice, pour faire connaître sa vérité, elle qui a repris son métier d'animatrice radio en décembre 2020.

Nathalie Normandeau occupe actuellement la case horaire de 10 h à 12 h sur les ondes de cinq stations FM appartenant au groupe Cogeco Média.

La femme de 53 ans travaillait par ailleurs pour Cogeco au moment de son arrestation. Elle avait intenté une poursuite contre l'entreprise pour congédiement illégal peu après le début de cette affaire, en 2016. Une entente à l'amiable était toutefois intervenue entre les deux parties.