Premier constat. En dépit de liens culturels fort entre les deux pays, il y a peu de flux commerciaux entre la France et le Québec, remarque William Cargill, conseiller en recrutement chez Aperlead. Ce n’est pas un hasard si seulement trois cabinets canadiens ont des antennes à Paris.

« Pour autant, l’affection réciproque entre les deux pays, pourraient inciter les uns à s’intéresser aux autres », suggère William Cargill.

Pas dans n’importe quelles conditions en revanche.

Le Québécois idéal

Pour qu’un avocat québécois se démarque sur le marché français, deux critères s’avèrent presque indispensables. Il faut qu’il parle un anglais parfait et qu’il justifie d’une formation complémentaire en common law. C’est cette bi-culturalité qui va intéresser les cabinets français et qui va le distinguer des avocats français formés essentiellement à la culture civiliste.

« A leur avantage, ils peuvent être perçus comme des avocats américains, qui connaissent le principe du droit obligation », croit William Cargill.

Bien sûr, plus l’avocat québécois aura de cordes à son arc, telles que la maîtrise de plusieurs langues ou la possession de plusieurs barreaux, plus il sera convoité.

Dans le fond, on est proche du candidat québécois idéal vu par les grands bureaux du Québec.

C’est d’ailleurs dans les grands bureaux établis en France que les chasseurs de tête imaginent le mieux les avocats québécois.
Certainement dans ceux de culture anglo-saxonne, mais également dans les grands bureaux français.

Pour Servane Bouchard, conseillère en recrutement chez Simon Thomas, il y a des matières plus transférables que d’autres, et des domaines de pratique plus propices aux profils étrangers, notamment tous les groupes de banque-finance, financement de projet et marchés de capitaux.

Dans ces bureaux, les grilles de salaire oscillent entre 60 000 et 80 000 euros la première année. « Pour les heures, c’est 1800 par année, mais si vous pouvez en faire 2100 c’est mieux! », lance M. Cargill.

Quand partir

Le marché est très tendu en ce moment. Alors en temps de crise, le réflexe est de se replier sur une population qu’on maîtrise et de donner la priorité aux profils hexagonaux, croit Servane Bouchard. « Quand la crise sera passée, l’entente France-Québec pourrait inciter à rechercher des profils rares qu’on pourrait trouver justement…au Québec. »