En Hausse

Feue Me Alison Youngman de chez Stikman Elliot à Toronto. Me Youngman a été célébrée aux prix Zenith la semaine dernière. J’ai eu le privilège de travailler sur un dossier complexe avec elle, l’été 2006. Au-delà de ses très grandes qualités d’avocate d’affaires, Alison était d’une humanité incroyable. Une grande dame. C’était un week-end. Un dimanche soir. Réunion de stratégie longue, intense et appel conférence entre Montréal, Toronto et d'autres villes. J’étais l’avocat prime du dossier à l’interne donc je devais être là même si mon fils d’un an devait être opéré au cœur le lendemain. Je peux vous dire que ce soir là, elle a été la seule à m'avoir soutenue, vraiment. Inconditionnellement. "Amélia rentre voir ton bébé", m'a-t-elle dit. C’est le plus important. Le reste c’est rien". J’ai suivi son conseil sur le coup, mais de manière plus générale aussi. Cela a changé beaucoup de choses dans ma vie. Merci Alison.

En Baisse

Le Procureur général de l’Ontario.

Tristes tristes histoires que celles de deux jeunes femmes victimes présumées d’agressions sexuelles en 2003 à Toronto. Les agressions sont arrivées à un mois d’intervalle. Il n’y avait rien en commun entre les agressions sauf l’agresseur présumé. Mais des procès séparés ont été refusés. Pour des questions logistiques et de sous…Les deux jeunes femmes doivent ainsi revivre le cauchemar de la saga judiciaire une nouvelle fois. Sans parler des coûts monstrueux d’avoir fait monter ce dossier en CSC et de deux procès de novo. On recommence à zéro les procès. C’est ainsi qu’en a décidé la Cour Suprême du Canada dans le dossier R. c. Last ( 2009 CSC 45 ). L’honorable juge Deschamps, écrit dans la traduction officielle française ‘le juge de première instance a commis une erreur en ne pondérant pas comme il se doit tous les facteurs qui présentent un intérêt pour l’ordonnance de séparation des chefs d’accusation. Je suis d’avis d’annuler les déclarations de culpabilité et de renvoyer l’affaire devant la Cour supérieure pour que les chefs relatifs à chacune des victimes soient instruits séparément.’ Lex dura, sed lex… oui, oui je le sais. Mais que voulez-vous moi cela m’enrage, pas du tout la décision très juste de la CSC ,mais que l’on en arrive là. Et après on s’étonne du cynisme des gens en général et des victimes en particulier. Ma question: les personnes qui sont à l’origine de cette très mauvaise décision à la base (celle de vouloir absolument mettre les deux procès dans un même package-deal) est-ce qu’elles vont recevoir au moins un petit mot de quelqu’un quelque part qui va leur dire ‘pas très fort tout cela ’? Existe-t-il un minimum d’imputabilité dans notre système judiciaire (c’est-à-dire la possibilité d'attribuer à un individu la responsabilité d'un fait pas très heureux) ? J’ose y croire, car les conséquences de ces décisions sont dramatiques au moins pour les deux jeunes femmes courageuses qui ont décidées de porter plainte…