« Si le soir, j’ai de l’ouvrage, je retourne au bureau en short », s’amuse Jean Hudon, avocat depuis 19 ans, pour décrire son plaisir d’exercer en région. Une petite anecdote qui dit bien ce qu’elle a dire. La profession d’avocat peut être aussi exigeante en région, mais les conditions de son exercice sont plus souples.

Beaucoup de jeunes l’ont semble-t-il compris et la section ne déplore pas de perte d’effectifs. « Les jeunes qui ont un esprit régionaliste, et bien ils restent », analyse le bâtonnier de 44 ans. D’ailleurs, avec 330 membres, le barreau ne fait pas de démarches actives pour recruter. Ce n’est pas la même affaire pour d’autres fonctions judiciaires. « Nous, ça fait longtemps qu’il y a une pénurie de sténographes », dit-il pour illustrer le pendant négatif de l’éloignement des grands centres.

Pour pallier aux distances et garder des professionnels très qualifiés, une des priorités du barreau, depuis de nombreuses années, est de garantir des cours de formation sur place. Sans prétention, en collant à la pratique locale. « On assure des cours généraux. D’ailleurs, si on donnait un cours en propriété intellectuelle, je ne suis pas sûr qu’il y aurait beaucoup de monde ».

Depuis qu’il a endossé la fonction, Me Hudon reconnaît qu’une partie du rôle de bâtonnier en région doit être consacré aussi à l’assistance du public. Le thème tient au cœur cet avocat, qui voudrait tendre à améliorer la perception des gens à l’égard de la profession.

Vaste programme qu’il pourrait poursuivre à la tête du barreau du Québec ? Non, le déménagement ne le tente pas.