La semaine dernière, notre rédaction relatait l’histoire de Pascal Pelletier, cet avocat qui avait quitté les grands bureaux montréalais pour s’installer à son compte à Candiac sur la Rive Sud, dépendant de la section de Longueuil. L’avocat espérait ainsi capter la clientèle de la Montérégie et même de Montréal, attirée elle par des honoraires raisonnables.

Cette histoire résume le pari actuel du barreau de Longueuil.

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« Pour décrire le barreau, je dirais que nous avons plus d’avenir que de passé », dit Marco Labrie, 42 ans, bâtonnier.

Anciennement intégré à Montréal, le barreau de Longueuil est un jeune barreau, créé il y a 22 ans, lorsque la couronne montréalaise a grandi. Le barreau compte aujourd’hui 1 160 avocats et intègre chaque année des dizaines de nouveaux membres. En terme de nombre, il s’agit du troisième barreau après Montréal et Québec, ex aequo avec Laval.

Cette évolution suit l’évolution de la population de la banlieue de Montréal, qui se trouve être toujours plus nombreuse.

De généralistes à spécialistes

Lors de la création du barreau, les avocats de la section étaient principalement des généralistes, dédiés à une clientèle de particuliers.

« Il y a 20 ans, les gens habitaient dans la couronne montréalaise et travaillaient à Montréal, dit-il. Aujourd’hui, les entreprises s’implantent ici ».

Le barreau doit donc s’adapter et répondre aux nouveaux besoins de la clientèle en droit des affaires. Pour y parvenir, bien sûr le barreau intègre de nouveaux membres, mais il croit également aux vertus de la formation continue pour spécialiser ses membres et adapter leurs compétences aux nouveaux besoins de la clientèle.

« Il faut abolir les clivages et réunir des professionnels variés dans la section », dit Me Labrie.

Est-ce qu’il s’agit ainsi de développer une pratique similaire à celle de Montréal ?

La réponse est non pour le bâtonnier.

Le barreau ne veut pas délaisser la clientèle des habitants de la couronne, sur la base de laquelle il s’est développé. « Il y a beaucoup de jeunes familles qui ont choisi de s’installer en banlieue et qui ont un bon niveau de vie. Pas question de les oublier », dit-il.

Mais à coté de ces particuliers, le barreau veut des avocats en droit des affaires, prêts à travailler pour les entreprises qui s’implantent, voire pour des entreprises montréalaises cherchant à réduire leurs coûts de conseils externes.

« Nous aimons être distincts de Montréal et en faire partie, dit-il. Comme cela nous sommes de toutes les discussions », dit le bâtonnier.

Est-ce que le barreau est prêt pour ce défi ? Il semble que oui. Un dynamisme tiré, pour le bâtonnier, de l’âge de ses membres.

Les jeunes avocats sont légion dans la section. Selon Me Labrie, 33 % des membres ont moins de 10 ans de pratique.

« Ces jeunes sont un moteur, dit-il. La réalité nous rattrape plus vite ici qu’ailleurs ».

Plus d’avocates à Longueuil

Un exemple en est la féminisation de la profession.

Une autre particularité du barreau de Longueuil est en effet d’avoir été le premier à accueillir plus d’avocates que d’avocats, ce qui traduit directement la réalité des facultés de droit.

Le barreau s’est retrouvé ainsi particulièrement concerné par les questions de grossesses et de droit des femmes. Il a choisi de mettre en place un système de bébés bonus, qui est une prime de 75 $ offerte aux membres enceintes.

« C’est symbolique, dit Me Labrie. Mais c’est pour montrer qu’on est content et fier. Et, faut bien encourager la relève de la section ! ».