Julie Tondreau, 40 ans, est à la tête d’une entreprise de 9 personnes qui dispense plus de 200 contrats de formations juridiques par an. Plus de 750 cabinets, des petits aux gros bureaux, font appel à ses services.

Quel est son parcours ? Un MBA au HEC ou dans un autre établissement prestigieux? Pas du tout. Julie Tondreau est une assistante juridique reconvertie, ou plutôt qui a réorienté sa carrière sans jamais trop s’éloigner de son milieu professionnel d’origine.

« En 1999, j’étais secrétaire chez Lavery de Billy à Québec, mais après 11 années à faire ce métier, je considérais que j’en avais fait le tour", dit-elle.

Deuxième vie

L’adjointe quitte alors la profession pour enseigner la bureautique juridique au collège Bart, à Québec.

« Pour mes cours, j’ai compilé et organisé des documents et des notes que j’avais accumulé pendant mes années de pratique, dit-elle. Quand j’eus terminé ce travail, tout le monde voulut me l’acheter. »

Julie Tondreau venait de faire ses premiers pas dans le monde de l’entreprenariat, puisqu’en bout de ligne ses notes allaient devenir un manuel, sur support papier et électronique, qui depuis est mis à jour annuellement et fait toujours référence dans la profession.

Son manuel publié, Julie Tondreau ne va pas retourner enseigner car la formation d’assistante juridique du Collège Bart ferme ses portes.

« C’est triste, mais il n’y avait pas assez d’effectifs, dit-elle. La profession de secrétaire n’attire plus. »

Elle repart provisoirement en cabinet. Mais, les deux années passées lui ont fait prendre du recul sur sa profession et elle commence à avoir plein d’idées pour se lancer en affaires.

Madame le professeur

Alors, en 2000, avec son conjoint, elle crée Confections juridiques MT, une société qui réalise des mémoires et propose des formations.

Aujourd’hui, la branche mémoire est sous-traitée à la société Henri Lafortune , de sorte que Confections juridiques MT se concentre sur l'aspect formations.

Comme beaucoup d’autres organismes, qui surfent sur les nouvelles obligations en matière de formation continue obligatoire, me direz-vous.

Pas tout à fait. L'entreprise de Julie Tondreau a pris le parti d’offrir des formations aux secrétaires juridiques. Et celles-ci se vendent désormais comme des petits pains.

« Les gens m’appellent quand ils embauchent une secrétaire sans expérience, quand une secrétaire change de domaine juridique ou pour lui faire acquérir de nouvelles techniques informatiques », dit-elle.

Même les techniciennes juridiques et les avocats s’y mettent, d'autant que sa société est accréditée comme organisme de formation par le Barreau du Québec et la Chambre des Notaires.

Un couple comme les autres

Alors voilà, bien souvent dans les formations de Mme Tondreau tout les gens des cabinets d'avocats se retrouvent assis dans la même salle pour travailler sur des thèmes tels que la préparation du dossier en Cour d’appel, la conversation anglaise en milieu juridique ou les références juridiques.

Et, d'après la dirigeante, tout ce monde cohabite très bien ensemble.

« Le couple avocat-secrétaire c’est comme un couple normal. Pour que ça fonctionne, il faut de la communication. Voilà les petits plus qu’on rappelle pendant nos formations et croyez-moi on rit beaucoup. »

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