Me Nobert, 44 ans, est devenu membre du Barreau en 2003, après un baccalauréat réussi en deux ans.

« Quand tu changes de carrière à 35 ans, il faut que ça aille vite, parce que tu as hâte de finir et tu sens que tu n’as pas de temps à perdre », dit-il.

La ferme

Originaire de Ste-Anne-de-la-Pérade, Me Nobert a grandi sur la ferme laitière familiale, qu’il a rachetée en 1985, à l’âge de 19 ans. Pendant les quinze années qui ont suivies, il a été à la tête d’une entreprise prospère, mais exigeante.

« L’agriculture, c’est sept jours sur sept et on est rarement en contrôle de ce que l’on fait. On dépend de la température, des animaux. Malgré tout, l’agriculture, si ce n’est pas routinier, ça veut dire qu’il y a une bad luck », dit-il.

La politique et le monde syndical

À la même époque, Me Nobert fait son entrée en politique.

Un peu pour suivre les traces de son père, qui a été impliqué avec l’Union de producteurs agricoles (UPA) et ancien maire de St-Anne-de-la-Pérade.

En 1985, Me Nobert, qui commence à s’investir dans l’UPA, se laisse entraîner par un ami à un congrès de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec.

Puis, gravissant les échelons, l’agriculteur s’est retrouvé, au début des années 1990, à siéger à l’exécutif national du PLQ, aux côtés de Robert Bourassa.

En 1992, il claque la porte de ce parti en même temps que Mario Dumont, pour fonder Action démocratique du Québec, dont il est le membre numéro 25.

La piqûre du droit

Cette implication syndicale donne la piqûre du droit à l’agriculteur.

« À force de patauger dans les lois, on finit par avoir envie d’en savoir plus », dit-il.

Alors, en 2000, le futur Me Nobert trouve un associé pour prendre en charge la gestion de l’entreprise (à qui il va finalement vendre, à la fin de son bacc), afin de lui permettre de se lancer pleinement dans des études de droit.

Il complète avec succès six cours par session et passe au travers de grosses sessions d’été.

« Malgré tout, j’ai trouvé cela moins difficile d’obtenir mon diplôme en deux ans que de travailler à la ferme, dit-il. Après une semaine de six cours, j’étais moins fatigué qu’après une semaine de sept jours à faire des travaux agricoles ! »

Lors de sa dernière session d’été, il a suivi le cours « Emploi d’été axé sur la carrière » qui l’a amené à passer très rapidement de la théorie à la pratique, au sein du bureau qui s’appelle aujourd’hui Gravel Bernier Vaillancourt, où il a pu assister Me Marc-André Gravel lors de sa première audition devant la Cour suprême du Canada, sur une question de cautionnement, alors qu’il venait tout juste de compléter un cours sur les cautions.

Me Nobert a effectué son stage dans ce bureau et y a exercé en tant qu’avocat jusqu’à l’élection générale de mars 2007, où il a été candidat dans le comté de Louis-Hébert.

Il est important de préciser que depuis ses débuts au PLQ en 1992, Me Nobert a toujours continué son implication politique à l’ADQ. Il en était d’ailleurs l’un des vice-présidents au moment de l’élection de 2007.

Me Nobert n’a pas été élu, mais il a tout de même mise sa pratique de côté pour devenir chef de cabinet du leader de l’opposition officielle, puis chef de cabinet du chef du deuxième groupe d’opposition, poste qu’il a occupé jusqu’en avril 2009.

Partir à son compte

Après avoir pris un peu de recul, Me Nobert a décidé de se lancer à son compte en novembre 2009.

« Je pense que c’est l’héritage d’avoir posséder ma propre entreprise alors que j’étais plus jeune qui m’a convaincu d’ouvrir mon cabinet.
Ma conjointe est également travailleuse autonome, alors on a décidé de se donner une qualité de vie familiale, pour notre fille Sandrine, qui va avoir deux ans cet été. », dit-il.

Il offre aujourd’hui des services personnalisés en litige civil et commercial.

Il exerce également dans les matières commerciales non contentieuses, à titre d’avocat conseil. Sa clientèle est très variée, allant des particuliers aux entreprises, chez qui il se déplace pour les rencontres.

« Cela me permet d’être plus près de mes clients, de bien les comprendre. Le lien de confiance est alors encore plus fort. »
Il n’a aucun regret d’avoir vendu son entreprise pour devenir avocat, ni d’avoir quitté la pratique du droit pendant deux ans pour faire de la politique.

« C’est simplement quelque chose que je devais faire. »

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Photo : Jean Nobert