Juste avant d’effectuer son premier saut en chute libre accompagnée d’un moniteur, l’avocate de 36 ans a senti son cœur débattre comme jamais auparavant.

« J’avais vraiment peur. J’avais confiance en mon moniteur et je me suis dit qu’au prix que j’avais payé, j’étais mieux de sauter », se souvient-elle.

Martine Létourneau a toujours une petite appréhension avant de sauter même après 350 sauts!
Martine Létourneau a toujours une petite appréhension avant de sauter même après 350 sauts!
Même après 350 sauts, quand elle se trouve près de la porte de l’avion, elle ressent une certaine appréhension. « Le corps résiste à l’idée de sauter dans le vide. Après le moment dans la porte, c’est juste du plaisir. »

Certains atterrissages ont été moins agréables que d’autres, notamment lorsqu’elle a abouti sur une base militaire ou encore dans un champ de maïs. Elle a vu des parachutistes inexpérimentés se blesser en touchant le sol, mais ne s’est jamais sentie en danger et n’a jamais vu un saut tourner au vinaigre. « Les accidents arrivent quand un sauteur essaie quelque chose qu’il n’est pas capable de faire ou qu’il se donne trop de vitesse à l’atterrissage. C’est presque toujours la faute de la personne qui se blesse. »

Expérimenter, en pratique comme en parachute Me Létourneau, admise au Barreau en 1998, pratique principalement en droit de la famille, mais elle aime toucher à tout, du droit criminel au droit civil commercial.

Elle s’occupe également de l’ensemble de ses dossiers et les plaide elle-même.

« Je n’aime pas me décrire comme une généraliste. Je préfère dire que je suis polyvalente. Je ne voudrais surtout pas faire toujours la même chose.»

Même près avoir mis sa vie en danger 350 fois en parachute, la nervosité d’aller à la cour n’a toujours pas complètement disparu.

« J’ai encore un trémolo dans la voix avant de faire des représentations. Pourtant, tout s’efface dans la première minute. Bien sûr, il n’y a aucune mesure avec la sensation de sauter dans le vide à 13 000 pieds dans les airs. »

Martine Létourneau n’a jamais eu de commentaires négatifs à propos de son expérience de parachutiste. Peut-être est-ce parce qu’elle utilise les mêmes qualités au bureau et en avion.

« Je suis prête à innover et explorer de nouvelles avenues pour aider mes clients. Je vais prendre le risque si c’est la chose à faire. Je pense que c’est simplement un trait de personnalité », explique l’avocate.

Le plaisir de sauter

Le dernier saut en groupe que Martine Létourneau a effectué regroupait 28 femmes !
Le dernier saut en groupe que Martine Létourneau a effectué regroupait 28 femmes !
En 2004 et 2005, Martine Létourneau a participé à trois tentatives réussies de battre le record canadien féminin de saut en groupe. Le dernier saut rassemblait 28 femmes canadiennes dans une formation ressemblant à une fleur.

Elle se souvient aussi avec bonheur de sauts où elle a ouvert son parachute bien avant la limite habituelle de 2500 pieds, ce qui lui a permis de se promener en voilure pendant vingt minutes.

« J’ai pu en profiter pour manœuvrer dans les airs, faire des tours. C’est vraiment une belle sensation. »

« La chute libre, c’est un peu comme sortir son bras de l’auto à 120 km/h, sauf que c’est à 200km/h. Il y a beaucoup de pression. En fait, cela donne une impression de flottement, mais il ne faut pas s’y méprendre. On se lance dans le vide à toute vitesse. »

Inactive depuis deux ans, elle vient tout juste de « plier le réserve », c’est-à-dire s’assurer que le parachute de réserve s’ouvrira en cas de problème au parachute principal. Pour elle, le parachute fait partie de sa personnalité.

« J’aime prendre des risques, faire des expériences. J’ai besoin de me dépasser, de tester mes limites. »