Me Jimmy Ernst Jr Laguë-Lambert et Benjamin W. Polifort, stagiaire. Sources: Site web de Lambert Avocats et LinkedIn
Me Jimmy Ernst Jr Laguë-Lambert et Benjamin W. Polifort, stagiaire. Sources: Site web de Lambert Avocats et LinkedIn
La plateforme GoFundMe aurait-elle commis des pratiques de commerce interdites par la Loi sur la protection du consommateur ?

C’est ce que soutient une demande d’autorisation d’action collective déposée devant la Cour supérieure siégeant dans le district de Montréal par Me Jimmy Ernst Jr Laguë-Lambert et Benjamin W. Polifort, stagiaire au sein du cabinet Lambert Avocats.

Ce recours collectif concerne toutes les personnes physiques résidant au Québec qui ont effectué un don sur l’application mobile ou sur le site web depuis le 22 mai 2019.

Cette demande est portée par un demandeur qui, ayant pris connaissance d’une tragique fusillade survenue à Montréal, a souhaité porter assistance à la famille d’une des défuntes victimes. Pour cela, celui-ci a accepté de faire un don via la plateforme.

Le demandeur a alors décidé de faire un don de 300 $ ainsi qu’un pourboire de 5 $, croyant que cette somme irait en totalité à la collecte de fonds.

En effet, le reçu donnait l’impression au demandeur que le pourboire irait en totalité à la plateforme et qu’inversement, le montant déboursé à titre de don irait en totalité au bénéficiaire.

Le demandeur affirme que s’il avait su qu’une partie de son don n’irait pas au bénéficiaire ou s’il avait connu le montant des frais de transaction applicables à son don, il n’aurait jamais utilisé les services de la défenderesse.

Selon le recours collectif, la Loi sur la protection du consommateur impose des obligations aux commerçants visant à garantir que les consommateurs aient toute l’information dont ils ont besoin au sujet des services rendus, et ce, dès une première lecture de l’ensemble des représentations.

Il est ainsi reproché à la plateforme de faire une représentation fausse et trompeuse aux consommateurs en prétendant qu’elle ne prélevait aucune commission sur les dons.

Selon le recours collectif, il est fort probable que la plateforme et ses partenaires aient généré des revenus de plusieurs millions de dollars en adoptant ce comportement répréhensible.

De ce fait, le demandeur et les membres du groupe réclament à GoFundMe un montant à être déterminé par le tribunal à titre de dommages intérêts punitifs.

Fondée en 2010, GoFundMe est une plateforme en ligne permettant aux utilisateurs de créer et de publier leurs propres collectes de fonds ainsi que de percevoir des dons du public.