Me Valérie Assouline. Source: LinkedIn
Me Valérie Assouline. Source: LinkedIn
Me Valérie Assouline pourra faire suivre ses bottines à ses babines, elle qui disait en septembre, à Droit-inc, vouloir une formation plus poussée en jeunesse pour les étudiants en droit, de même que pour les jeunes avocats.

« Il faut que les jeunes avocats s’intéressent davantage au droit de l’Enfant et au droit de la jeunesse. Le droit qui a été le plus gratifiant de ma carrière », lance avec enthousiasme, l’avocate de 24 ans de métier, qui chaque jour est sollicitée par un parent découragé qui crie au scandale, son enfant ayant été enlevé, parfois dans des circonstances nébuleuses.

La publication de l’article, entre autres, a permis à l’avocate spécialisée en droit de la famille d’être récemment nommée présidente de la section jeunesse à l’Association du Barreau canadien.

« Après cet article, l’Association du Barreau canadien m’a contacté pour m’offrir le poste de présidente. Ce sera du boulot supplémentaire bien investi, car j’aurai les outils pour mettre de l’avant de la nouvelle formation et des rencontres pour mieux expliquer qu’est-ce que le droit de l’Enfant et le droit de la jeunesse », ajoute celle qui quotidiennement représente un enfant ou un parent abandonné devant le Tribunal.

Recruter des avocats

Me Assouline du cabinet SOS Avocats se lance à la chasse aux procureurs. Elle est persuadée que le recrutement pour faire du droit de la jeunesse est difficile parce que les étudiants ou les nouveaux diplômés « manquent d’informations ».

« Je veux promouvoir le droit de la jeunesse auprès de nos futurs avocats et de nos jeunes avocats mais aussi coordonner plus de formation pour les avocats pratiquant déjà dans le domaine », martèle-t-elle, persuadée que le grand gagnant d’un plus grand nombre d’avocats en droit de la jeunesse au Québec serait l’enfant.

Celle qui accepte plus souvent qu’à son tour des contrats pro bono, met au défi quiconque de trouver une meilleure raison que celle de « faire une réelle différence dans la vie d’un enfant et de sa famille dans sa profession ».

« Rien de plus beau qu’une maman ou un papa qui retrouve son garçon ou sa fille alors que la garde lui avait été retirée pour différentes raisons. C’est fabuleux. C’est très humain comme droit », enchaîne cette mère de famille de quatre enfants âgés de 11 à 18 ans.

Elle mentionne aussi que la profession est stimulante quand arrive le temps de dénoncer un système dans lequel « les enfants ne sont pas toujours la priorité, alors que ça devrait être le principal critère à prendre en considération lors du prononcé de tous les jugements ».

La fillette de Granby

Rappelons que Me Assouline a fait connaître sa déception dans un bien senti témoignage lors de la Commission Laurent, il y a deux ans. Elle avait été sans pitié pour la « grosse machine » de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Bien aux faits de plusieurs histoires d’horreur, c’est elle qui représente la famille de la petite martyre de Granby, dont une poursuite de quelque 3 millions $ a été déposée, en octobre, contre le CIUSSS de l'Estrie, responsable de la locale de la DPJ, et le Centre de services scolaire Val-de-Cerfs, notamment.

La poursuite a été déposée au nom de la mère et des grands-parents paternels de l'enfant, morte dans des circonstances troublantes le 30 avril 2019.

Pour nos enfants d’abord

Me Valérie Assouline prêche par l’exemple en diffusant régulièrement des histoires concernant des enfants sur ses réseaux sociaux, dont sa page Facebook : Pour nos enfants d’abord.

Des récits à glacer le sang, parfois, d’autres fois, à dénoncer des abus de pouvoir, ou encore à dévoiler la souffrance vécue par de jeunes victimes, bien souvent depuis leur naissance. Bref, des cas vécus qui ne laissent personne indifférent.