1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir une autre profession ?

D’aussi loin que je me souvienne, il n’y a jamais eu pour moi d'autres alternatives que celle de devenir avocat, même s’il n’y avait pas de gens dans mon entourage qui pratiquaient ce métier. C'était une profession qui me fascinait, et j'aimais bien ce rôle d’être celui vers qui les gens se tournent pour régler des litiges ou des problèmes. Le fait que ce soit une profession à caractère noble, à dimension humaine et de proximité avec les gens n'a pas, non plus, été étranger au choix que j'ai fait. Ce fut une décision sans équivoque et sans regret !

2. Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière ?

J’ai travaillé, pendant mes huit premières années de pratique, chez Beaumier Richard, un cabinet de Trois-Rivières par la suite affilié à Bélanger Sauvé. C’était un bureau de droit des affaires où j’avais aussi la possibilité de faire du litige, du droit de l’assurance et du droit municipal. Nous y faisions cependant très peu de financement.

Le tournant de la carrière d'André Dessureault a été de faire le saut en entreprise
Le tournant de la carrière d'André Dessureault a été de faire le saut en entreprise
Le tournant de ma carrière a été, d’une part, de faire le saut en entreprise en me joignant au Fonds de Solidarité F.T.Q. et, d’autre part, de réorienter ma pratique vers le financement et le droit transactionnel. Non seulement le défi était grand sur le plan professionnel, mais cela impliquait aussi, sur le plan personnel, de déménager à Montréal.

Tous ces changements ont impliqué un important apprentissage de connaissances avant de bien comprendre l’environnement et de pouvoir assumer tous les défis que cela représentait. Bien que j’aie plus récemment élargi mes fonctions en prenant davantage de responsabilités de gestion et en supervisant des enjeux et des employés, débordant ainsi du cadre strictement juridique, je peux dire que depuis cette date j’ai continué à travailler dans le même créneau.

3. Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à la pratique du droit ?

Peu de choses, à vrai dire ! Malgré les "faux pas" des dernières années, la pratique a évolué au même rythme que la société. Certains cabinets boutique sont apparus alors que d'autres ont fusionné : tout cela dans le but d'offrir un meilleur service à la clientèle. Je crois qu’il faut simplement souhaiter que la pratique du droit ne s'éloigne jamais beaucoup du service à la clientèle, qui est si important.

4. La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique ? Et pourquoi, à votre avis ?

À une certaine époque, j’avais cette impression que la perception du public envers la profession était dotée d’une forte dose de sarcasme. Je suis d’avis que les choses ont évolué positivement depuis, et que l’apparition de domaines de droit plus spécialisés et l’éclatement des récents scandales financiers contribuent à faire en sorte que le travail des avocats soit davantage vu aux yeux des gens d’affaires comme nécessaire. Je crois que l’on voit davantage, aujourd’hui, la réelle valeur ajoutée que peuvent apporter les avocats, qui deviennent souvent un incontournable pour mener à bien et à terme un projet.

Quant à la perception du public en général, il existe évidemment cette perception à l’effet que la justice est difficilement accessible et très coûteuse… peut-être à raison d’ailleurs, comme la justice semble parfois être "la justice de ceux qui ont les moyens de s’en payer une" – une chose qui doit être amélioré.

5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière quant aux meilleurs moyens pour en arriver là où vous, vous en êtes rendu ?

Si je pouvais reculer dans le temps, je crois que je tenterais de plus rapidement décider le domaine de droit dans lequel je voudrais me concentrer, pour pouvoir m’y consacrer entièrement et sans attendre. En effet, le droit est fait de tellement de possibilités qu’il faut souvent du temps avant de trouver la niche qui nous convient et nous satisfait pleinement. Ce délai retarde d’autant l’acquisition de connaissances dans ce domaine de prédilection.

Cela dit, le délai encouru dans mon cas, ne fut pas une mauvaise chose : l’ensemble des connaissances acquises dans les autres domaines du droit me sert dans ma vie de tous les jours. Cela me permet d’avoir des réflexes dans des dossiers qui sont autres que ceux dans lesquels je pratique le plus souvent, et me donne le recul nécessaire pour mieux évaluer la situation.

En vrac…

• Le dernier bon livre qu’il a lu : "Steve Jobs" de l'auteur Walter Isaacson.

• Le dernier bon film qu’il a vu : le dernier James Bonds "Skyfalls" du réalisateur Sam Mendes.

• Sa chanson fétiche : "With or without you", un vrai classique de U2.

• Son expression favorite : "on fera ça à temps perdu !", à la blague quand le travail s’accumule au bureau.

• Son péché mignon : les calmars frits !

• Son restaurant préféré : "Zenya" sur la rue Ste-Catherine, pour ses excellents sushis.

• Le pays qu’il aimerait visiter : l'Autriche.

• Il a beaucoup d’admiration pour… les gens qui ont supporté une cause toute leur vie, comme notamment Gandhi, au risque de leur vie.

• S’il n’était pas avocat, il serait… journaliste sportif surtout pour couvrir les grands événements comme les Olympiques !

Bio


Me André Dessureault est Vice-Président Services spécialisés chez Desjardins Capital de risque, un gestionnaire de fonds d'investissement, notamment Capital régional et coopératif Desjardins, un fonds public de plus de 1,3 milliard d’actifs. Me Dessureault dirige depuis 2009 les secteurs de la vérification diligente financière, de l'évaluation d'entreprise, de la fiscalité, de l'analyse de marché et de l'encadrement légal des transactions d'investissement des fonds sous gestion.
Il possède plus de 20 ans d'expérience et d'expertise en fusions & acquisitions ainsi qu'en financement d'entreprises. Depuis son arrivée chez Desjardins en 2002, Me Dessureault a été impliqué dans plus d'une centaine de transactions d’investissement d'envergure. Depuis 2009, il est membre de l’équipe de direction de DCR, et à ce titre il participe aux décisions stratégiques de l'entreprise, siège au comité de conformité des investissements, préside l’équipe de vigie concurrentielle et d’amélioration continue et préside l’équipe de formation permanente.
Il a été admis au Barreau du Québec en 1987 après avoir complété un baccalauréat en droit de l'Université Laval à Québec. Il est membre de plusieurs associations dont Réseau Capital, un regroupement d’intervenants en capital d’investissement du Québec dont la mission est de contribuer au développement et au bon fonctionnement de la chaîne d’investissement.
Depuis décembre 2010, Me Dessureault est membre du conseil d’administration de Réseau Capital et depuis décembre 2012, secrétaire de son comité exécutif.