Stage : Le bonheur dans un petit bureau
Nicholas Teasdale
2010-07-06 15:00:00
Chez Alain Mongeau, un cabinet d’avocats de taille modeste de Montréal spécialisé en litiges immobiliers, Xavier Pouts semble avoir trouvé une avenue prometteuse.
« J’ai une personnalité qui convient bien au litige, j’ai toujours eu un côté contestataire et j’aime débattre, souligne le jeune homme de 26 ans formé à l’université de Montréal. Le cabinet a un créneau particulier, ce qui est intéressant. Les gens qui m’entourent connaissent la pratique et je ne suis pas laissé à moi-même. Pour moi, c’est parfait. » Il estime en outre avoir été très bien accueilli par le personnel du bureau, toutes des femmes à l’exception du grand patron.
Selon lui, la plus grande différence entre un stage dans un grand ou petit bureau consiste dans les tâches à accomplir.
« Dans un grand bureau, c’est plus rare que les stagiaires fassent eux-mêmes les représentations. Dans un petit bureau, nous avons aussi à remplir nos feuilles de temps et à rédiger nos communications. Je pense que tout cela nous donne une bonne vue d’ensemble de la profession. »
Le contact avec le client n’est pas non plus le même. « Le client veut savoir ce qu’il arrive dans son dossier et nous sommes directement en contact avec eux. Quand il y a de la pression, elle vient de l’extérieur, des clients, pas d’une compétition à l’interne.»
Du vrai travail tout de suite!
Si les tâches sont différentes, la charge de travail, elle, est semblable. « On dit souvent que dans les petits bureaux, les heures sont moins longues. En ce qui me concerne, j’arrive tôt le matin et je termine tard le soir. Je travaille autant que si j’étais dans un grand bureau. Nous faisons beaucoup de volume et le travail ne manque pas », explique Xavier Pouts.
Son expérience la plus marquante, jusqu’à maintenant, c’est d’avoir négocié un règlement hors-cour. « J’ai reçu les frontières de notre client et j’ai pu négocier directement avec la partie adverse. Nous avons conclu l’entente le jour du procès. »
Il a aussi préparé seul des représentations pour un dossier non-contentieux qui a été contesté au dernier moment. C’est donc loin du stage photocopie.
D’après le finissant de l’école du Barreau, le droit en milieu de travail diffère de celui qu’on enseigne à l’université.
« D’abord, la gestion du temps n’est pas abordée dans les cours, mais c’est un apprentissage essentiel. Ensuite, certains détails de procédure sont différents. Enfin, il y a un fossé entre le cours de droit des biens et la pratique du litige immobilier. Ce que je fais, on ne l’a pas vu à l’université. Je sais que certains de mes collègues vivent une désillusion dans leur stage, parce que la pratique ne reflète pas les études, mais c’est loin d’être mon cas. Je suis bien tombé et j’espère que c’est le début d’une belle carrière », conclut Xavier Pouts.
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Me
il y a 15 ans>>>> Consultez vous vos associés?
Non. J'ai le plein contrôle, sauf pour certains dossiers où nous sommes plusieurs dont un associé, ce qui doit représenter 10-15% de ma pratique. Et même là, on me laisse m'exprimer librement.
De la même façon que j'ai pu mettre certains clients au pas, je crois bien avoir très bien réussi à convaincre les associés que ce qui peut être perçu comme une dictature cassante apporte efficacité et, ultimement, argent pour eux. Il y en a beaucoup qui rendent les associés très riches en faisant le doormat, moi je le rend riches en étant parfois dictatorial. Ça marche pour moi et ça marche pour eux. Ils ne s'en plaignent pas. Les clients non plus. Si ils venaient à s'en plaindre, le cabinet a d'autre ressources à leur proposer. Mon étage est rempli de doormats.
Me
il y a 15 ansIntégrez-donc vos périodes de négociations dans l'écheancier. Vous verrez, vous serez gagnants. Moi je marque très souvent dans l'entente. Ça n'a aucune valeur légale au sens du "contrat juridique" qu'est une entente, j'en conviens, jamais le tribunal ne va en sanctionner le non-respect, mais je la mets là à côté de toutes les autres dates "binding" pour qu'on puisse le voir.
Si on reste tous assis sur nos culs après une Règle 15 pendant des mois, il n'y a aucun motif de ne pas présenter une offre pendant cette période. Comme je l'ai dit: seulement la mauvaise foi (parfois doublée d'imbécilité) justifie de proposer l'offre le jour du procès ou la veille.
Moi, je ne marche pas dans les pas d'une partie adverse lorsque les actions de celle-ci est mûe par la mauvaise foi. Point final.
GBS
il y a 15 ansIl n'y a aucune négociation que je refuserais s'il y a une chance qu'elle soit dans l'intérêt de mon client.
Vous, vous priorisez votre intérêt personnel, ce que je trouve déplorable. Dans l'optique de passer le message à vos confrères que vous n'acceptez pas de négocier à la dernière minute, vous risquez de sacrifier le bien-être de votre client pour celui de vos dossiers futurs.
Je suis d'accord que négocier à la dernière minute est souvent une initiative d'avocat qui se prépare à la dernière minute; c'est extrêmement frustrant pour un avocat qui connaît bien son dossier depuis le début.
Mais de là à en faire un principe qui pourrait nuire à votre client, c'est mal comprendre votre rôle.
Me
il y a 15 ans>>>>>> Mais de là à en faire un principe qui pourrait nuire à votre client, c'est mal comprendre votre rôle.
J'enlève au client le droit de prétendre que cela lui nuit, puisque je l'informe des mois à l'avance et à plusieurs reprise pendant le cheminement du dossier. Ainsi à supposer que cela finissait par lui nuire, ça ne serait que la faute du client. Ils pourraient changer d'avocat en connaissant ma méthode. Ils ne le font pas, c'est un risque calculé et assumé.
En échange d'accepter ma rigidité sur certains points, il obtiennent du lawyering de très grande qualité... qualité que je ne peux pas toujours atteindre si je fais le doormat comme certains clients le voudraient.
GBS
il y a 15 ans>J'enlève au client le droit de prétendre que cela lui nuit, puisque je l'informe des mois à l'avance et à plusieurs reprise pendant le cheminement du dossier.
Je comprends très bien votre point de vue. Mais il peut arriver qu'une offre de dernière minute soit à l'avantage de votre client. L'ignorer est faire preuve de rigidité au détriment de votre client.
Je comprends que vous évacuiez toute responsabilité en informant votre client de ce fait. En acceptant de continuer avec vous, il doit accepter d'en subir les conséquences.
Mais pour moi, l'intérêt de mon client prime.
Caveat
il y a 12 ansEntièrement d'accord !
Avocate
il y a 12 ansJe suis en parfait accord avec vos deux commentaires. Même phénomène à l'Université de Sherbrooke. J'ai adoré mon expérience sauf pour cet aspect.
Et justement il y a quelques semaines à peine j'ai rempli un sondage et j'ai donnné ma façon de penser sur cette manière de recrutement ridicule concentrée sur les gros bureaux. Étant une avocate avec une pratique atypique (dans un bureau de finance privé) je me désole que les étudiants ne peuvent pas avoir de vrais outils pour connaître toutes les possibilités qu'ils ont à la fin de leur Barreau.