Des procureurs en colère
Natacha Mignon
2009-10-23 14:15:00
Pointé du doigt au premier chef, leur niveau de rémunération, qui les place derniers des provinces canadiennes. « L’année dernière, les sept procureurs de l’île-du-Prince Édouard étaient derrière nous, ce n’est même plus vrai cette année. Ils nous dépassent de 12 000 $», précise, dépité, Me Leblanc.
L’association des procureurs québécois jugerait satisfaisante une revalorisation de leur rémunération plaçant ses membres en milieu de liste. « Ça ne semble pas très exigeant pour une grande province comme le Québec », dit Me Thomas Jacques, procureur à Québec et vice-président de l’association.
La surcharge de travail est aussi un problème de la profession. Avec un ratio de 1 procureur sur 16 000 citoyens, les procureurs de la couronne québécois sont les plus occupés du Canada. Difficile dans ce contexte de traiter des dossiers dont le niveau d’exigence et de complexité augmentent.
En un mot, ils sont surchargés.
La fuite des compétences
« Les mauvaises conditions sont maintenant connues des jeunes. Donc ça devient dur de recruter », explique Me Leblanc. Mais, également, il est difficile de conserver les recrues, jeunes ou expérimentées.
Ainsi, au cours des deux dernières années, quatre procureurs du Québec sont partis exercer en Alberta, où ils peuvent espérer une rémunération jusqu’à 50 % supérieure. Départs qui rappellent celui de Steve Magnan, du bureau de Québec, en début d’année. Me Magnan possédait plus d'une quinzaine d'années d'expérience, dont il fait désormais profiter la défense en pratique privée.
Il faut dire que les procureurs de la couronne sont convoités par les cabinets privés. « C’est une excellente école, dit Me Leblanc. Il est dommage de constater que les gens viennent s’y former pour partir ensuite en défense ».
Pour l’association des procureurs de la Couronne du Québec, si les conditions de travail de la profession ne s'améliorent pas rapidement, c’est le fonctionnement de la justice qui s’en trouvera compromis, compte tenu des probables pertes massives d’effectifs.
« Moi aussi quitter la profession, c’est aujourd’hui quelque chose que je ne peux pas exclure si rien ne change, affirme Me Jacques. On en a assez d’entendre: oui, oui, oui, vous êtes importants, et que rien ne se passe ».
Autant d’argument qu’ils feront valoir à compter du 30 octobre, dans le cadre de la renégociation du décret fixant leurs conditions de travail.
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Photo: ''Christian Leblanc''
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Anonyme
il y a 16 ansEst-ce que quelqu'un peut confirmer, mais je crois que ce salaire est le salaire que tous les avocats du gouvernement provincial, que ce soit à la couronne ou ailleurs
89811
il y a 16 ans> Est-ce que quelqu'un peut confirmer, mais je crois que ce salaire est le salaire que tous les avocats du gouvernement provincial, que ce soit à la couronne ou ailleurs
Selon les règles du Conseil du trésor disponibles sur le site dudit conseil, les procureurs gagnent le même salaire que les avocats employés par le gouvernement.
Anonyme
il y a 16 ans> > Est-ce que quelqu'un peut confirmer, mais je crois que ce salaire est le salaire que tous les avocats du gouvernement provincial, que ce soit à la couronne ou ailleurs
Oui, c'est le même salaire. D'ailleurs, l'Association des juristes de l'État fait front commun avec l'Association des Procureurs afin d'améliorer leur condition de travail.
Anonyme
il y a 16 ansLe travail de procureur de la couronne est essentiel dans notre societe et les autorites politiques devraient devraient etre tres sensibles a leurs demandes.
Cela etant, le probleme de la remuneration est generalise pour ce qui est des fonctionnaires provinciaux et malheureusement cette situation cree un exode massif des competences vers le prive...
(desole j'ecris sur un clavier anglais donc il n'y pas d'accents)
Me
il y a 16 ansDans un État propre, les avocats doivent rester comme les médecins. Le problème des avocats présentement est qu'ils sont syndiqués.
Anonyme
il y a 16 ansIl existe une autre catégorie de juristes au gouvernement, celle des attachés judicaires (greffier spécial, registraires des faillites) qui gagnent encore moins cher. Moins en fait que les bibliothécaires au gouvernement. Les procureurs de la couronne ne feront pas brailler ceux-là.
Me
il y a 16 ansOn ne peut pas gagner ni "moins cher", ni "plus cher", que ça soit avec un "s" ou sans "s" à "cher". On ne peut gagner que "plus" ou "moins" que X.
Anonyme
il y a 16 ans> Il existe une autre catégorie de juristes au gouvernement, celle des attachés judicaires (greffier spécial, registraires des faillites) qui gagnent encore moins cher. Moins en fait que les bibliothécaires au gouvernement. Les procureurs de la couronne ne feront pas brailler ceux-là.
Sans oublier la super classe des agents de recherche en droit, qui font pratiquement la même job qu'un avocat mais ne sont pas considéré comme tel, avec les conséquences que cela implique (pas de remboursement de la cotisation du Barreau, salaire moindre, etc).
Je crois d'ailleurs que le Barreau se penche justement là-dessus pour savoir si ce ne serait pas un exercice illégal de la profession et forcerait ainsi le gvt à les considérer comme des avocats au même titre que les autres. Je ne sais cependant pas où cette histoire est rendue.
Me
il y a 16 ans>>>>> Il existe une autre catégorie de juristes au gouvernement, celle des attachés judicaires (greffier spécial, registraires des faillites) qui gagnent encore moins cher.
Ils font 35 h /sem. (c'est dans la description des postes) ce qui n'est pas le cas des procureurs.
Me
il y a 16 ans>>>>> Je crois d'ailleurs que le Barreau se penche justement là-dessus pour savoir si ce ne serait pas un exercice illégal de la profession
Coooooool. Une autre enquête du Barreau (faite par des gens qui sont trop payés à partir de nos cotisations, justement). Si ça a démarré cette année, le résultat devrait être connu vers 2021 ou 2022.