Et voici le nouveau meilleur assistant des avocats en droit de la famille
Gagner jusqu’à 80 % de son temps, même pour les procédures les plus complexes? C’est possible grâce à une nouvelle plateforme québécoise spécialisée qui commence son déploiement.

Me Xavier Cormier et de Me Fabrizio Mancuso, associés chez Devichy Avocats, ont de quoi se réjouir ces jours-ci en annonçant le lancement de Gustav, la première plateforme bilingue de rédaction procédurale assistée par intelligence artificielle conçue spécifiquement pour la réalité du litige familial au Québec.
Pourquoi se sont-ils lancés dans une telle aventure, alors qu’ils étaient déjà bien occupés dans leur quotidien ? « Parce que l’utilisation de l’IA est inévitable dans notre métier, répond Me Cormier. Mais en regardant ce qui était proposé sur le marché, nous nous sommes rendu compte que très peu de choses étaient réellement offertes aux avocats spécialisés. »
Comme il n’existait nulle part de moteur autonome capable d’analyser finement des données et de rédiger des requêtes légales complètes, les deux hommes ont décidé de créer une plateforme sur mesure qui répondrait aux besoins de leurs confrères en droit familial.
Une bonne année plus tard, après avoir travaillé d’arrache-pied avec une équipe de spécialistes en intelligence artificielle, et fait tester le moteur par une quarantaine d’avocats, Gustav est maintenant prêt à séduire une dizaine de cabinets spécialisés qui feront partie de sa première phase de déploiement.
Une IA juridique impressionnante
Pour distinguer leur plateforme des Chat GPT, Claude et autres IA génératives désormais bien connues, les deux avocats ont souhaité régler deux enjeux juridiques importants :

Preuve que cette recherche a été fructueuse, après six mois de construction, et tout autant de tests et d’améliorations, Gustav est dès maintenant en mesure de rédiger, en conformité avec la loi 25, un nombre impressionnant de documents : demande de divorce, demandes de mesures de sauvegarde et provisoires, demande de garde et pension alimentaire, déclaration sous serment en réponse à une demande ou en réplique, mises en demeure et lettres générales diverses (lettres introductives, demandes de divulgation financière, correspondance de règlement, etc.).
Comment fonctionne exactement la plateforme ? « Comme les autres IA généralistes, avec une boîte de dialogue entre l’utilisateur et la machine, indique Me Mancuso. Il suffit de préciser sa demande, la tonalité et le nombre de mots désirés, puis de télécharger toutes les données utiles ― notes de consultation, correspondances avec le client, jugements, ententes et conventions, procédures antérieures, documents financiers, images de documents et même enregistrements audio (avec consentement) ―, et Gustav commence à travailler. »
En un temps record, le moteur analyse les données fournies, résume l’information pertinente, extrait les éléments clés (dates, montants, clauses importantes), structure les faits, puis génère une demande complète.
« On peut ainsi obtenir en quelques minutes un document qu’il ne reste plus qu’à vérifier et à affiner, en dialoguant avec la machine au moyen de prompts, poursuit l’avocat. Une fois cette révision effectuée, on télécharge le document final en format Word, structuré et prêt à être finalisé pour dépôt à la cour ».
Un potentiel considérable
Gustav est un solide outil rédactionnel pour les avocats en droit de la famille, mais ses deux créateurs insistent sur le fait qu’il peut faire bien plus.
Résumé de documents, rédaction et modification de courriels et de lettres, analyse critique d’arguments, rédaction de questions d’interrogatoire, créations de gabarits personnalisés pour une autorisation de voyage ou une déclaration sous serment… Les possibilités sont colossales.
« En fait, plus on lui fournit de données, plus Gustav est performant, et plus il s’adapte à l’avocat qui l’utilise. C’est vraiment un game changer pour le milieu du droit familial, en termes de temps comme d’énergie », mentionne Me Cormier.
Expériences à l’appui, Me Fabrizio Mancuso estime d’ailleurs qu’en moyenne, un document assez simple comme une demande de divorce lui prend désormais en moyenne cinq minutes à réaliser, et un document plus complexe, comme une déclaration sous serment avec tous les commentaires d’un client, moins d’une heure, révision comprise. « Je gagne donc de 50 % à 80 % de mon temps, c’est énorme », lance-t-il.
Intéressant! Mais aussi performante soit-elle, cette plateforme est-elle à l’abri d’hallucinations que l’on constate sur d’autres IA généralistes et qui ont déjà nui à la crédibilité de certains avocats et cabinets?
« Aucun moteur de ce type n’est parfait, et Gustav ne l’est pas non plus, admet l’avocat. Il n’a pas la vocation de remplacer l’expertise d’un avocat en droit de la famille, qui doit bien sûr réviser et affiner ce que le moteur lui fournit. Mais il le libère, tout comme son équipe de soutien (parajuristes et adjointes spécialisés), de tâches énergivores et redondantes de rédaction, de manière à ce qu’ils se concentrent sur le volet stratégique essentiel de chaque dossier. C’est ce qui change la donne. »

10 cabinets recherchés
Pour la première phase de déploiement de cette plateforme disruptive pour tout le secteur du droit familial au Québec, Gustav Systèmes juridiques inc. souhaite collaborer avec un nombre limité de cabinets, en vue d’évaluer son volume d’utilisation, d’en optimiser certains pans, et de voir comment Gustav s’intègre dans différents environnements de pratique.
« C’est un lancement B2B à petite échelle, d’une durée de trois à six mois, qui permettra à 10 cabinets sélectionnés d’obtenir, à un prix fixe préférentiel, un accès complet à la plateforme et un accompagnement direct de l’équipe. Les places sont volontairement limitées », mentionnent les deux avocats entrepreneurs, qui invitent dès maintenant les bureaux intéressés à les contacter.

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