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Le cirque médiatique de l'affaire DSK

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Agence Qmi

2011-08-24 08:30:00

Après trois mois de couverture médiatique sans précédent, les médias se sont fait rabrouer par les avocats de Dominique Strauss-Kahn à sa sortie du tribunal en homme libre. Retour sur l'histoire qui a fait ces derniers mois les choux gras des tabloïds new-yorkais.



Pour les avocats de DSK, les médias ont traité le dossier comme un crime sans qu'il le soit
Pour les avocats de DSK, les médias ont traité le dossier comme un crime sans qu'il le soit
« Je veux vous rappeler à quel point les médias ont traité ce dossier aveuglément sans tenir compte de l'improbabilité de l'histoire », a dit William Taylor, l’un des deux avocats de Dominique Strauss-Kahn. « Ce dossier a été traité dès le départ comme un crime alors que ce n'en était pas un », a ajouté son collègue Benjamin Brafman.

Rappelons que la décision du juge de libérer M. Strauss-Kahn ne prouve en rien son innocence. Il y aurait eu relation sexuelle, mais à cause du manque de crédibilité de la plaignante, il est impossible de prouver hors de tout doute les sept chefs d'accusation qui pesaient contre lui.

Selon les avocats de « DSK », il y a eu un empressement de la part des forces de l'ordre et des médias à juger leur client et ils ne se sont pas privés de faire la leçon au parterre de journalistes qui les attendaient devant le Tribunal de Manhattan.

Ils faisaient sans doute référence au traitement des deux principaux tabloïds de New York, qui a valu à l'ancien patron du FMI de se faire appeler « Le Perv ».

Dans les jours qui avaient suivi l'arrestation de DSK, le 14 mai, le New York Post et le Daily News s’étaient lancés dans une surenchère de jeux de mots français sur leurs pages couverture, faisant fi de la présomption d’innocence. On retiendra entre autres : « LES PRISON BLUES », « LE SHOT DE MUG », « BOOR DE FRANCE », « NO MERCI FOR LE PERV », « I SEDUCED - AND SHE SAID OUI, OUI », « FRENCH WHINE! », « NYPD Sacre bleu! », « Un Animal », « HE’S FRENCH TOAST », « THE IMF PIG », ou encore « FROG LEGS IT ».

Ces unes de journaux ont choqué plusieurs journalistes français dépêchés à New York et ont ravivé la vieille querelle américano-française qui datait de la fameuse controverse des « French Fries » lorsque la France a refusé d’approuver le plan d’invasion de l'Irak présenté par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies en 2003.

La presse a changé de camp après la publication d'informations sur le passé de Nafissatou Diallo
La presse a changé de camp après la publication d'informations sur le passé de Nafissatou Diallo
Les trois premières semaines du scandale, le New York Post avait consacré rien de mois que 13 unes à Dominique Strauss-Kahn. La presse tabloïd a soudainement changé de ton début juillet quand le « New York Times » a publié des informations à propos du passé douteux de Nafissatou Diallo, la femme de chambre de l'hôtel Sofitel qui a accusé M. Strauss-Kahn.

Sa crédibilité sévèrement mise en doute, c'est elle qui est soudainement devenue la nouvelle cible. Le New York Post a titré : « DSK Maid Hooker » sur sa couverture. Mme Diallo poursuit d'ailleurs le tabloïd pour diffamation.

Dans une tentative de réhabiliter l’image de sa cliente, l'avocat de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson, avait orchestré des entrevues avec le magazine Newsweek et ABC, qui n'avaient finalement pas aidé sa cause.

Depuis trois mois, chaque comparution au tribunal de Dominique Strauss-Kahn s'est transformée en cirque médiatique. Sa dernière visite devant le juge hier en a été l'apothéose.

DSK a quitté le tribunal dans un déluge de cris. « DSK, sale bâtard, honte à vous », ont hurlé des protestataires. Il s'est engouffré dans un VUS noir sans broncher. Les journalistes ont remballé leur équipement, le feuilleton judiciaire de l'été est terminé.
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