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Une avocate féministe chez NOVAlex

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Delphine Jung

2018-03-09 15:00:00

Cette ancienne députée est bien déterminée à faire avancer la cause des femmes grâce au droit.

Me Christiane Pelchat est bien déterminée à faire avancer la cause des femmes grâce au droit
Me Christiane Pelchat est bien déterminée à faire avancer la cause des femmes grâce au droit
Me Christiane Pelchat n’a jamais eu la langue dans sa poche. L’ex-députée de Vachon et ex-présidente du Conseil du statut de la femme compte bien ne pas s’arrêter là. Sa voix, elle la donne depuis de nombreuses années à la reconnaissance des droits des femmes.

Celle qui se définit comme une féministe « traditionnelle » a récemment rejoint les bureaux de NOVAlex. « Je voulais plaider pour le droit des femmes à l’égalité, c’est pour cela que je voulais retourner à la pratique… Mais pas en valeurs mobilières… », dit la femme de 58 ans en riant.

Me Pelchat fait référence à ses quelques années passées chez Fasken, après avoir obtenu son bac en droit de l’Université de Montréal et son Barreau en 1997. Elle y exerçait en droit des affaires, en valeurs mobilières. « Pas vraiment ma tasse de thé… », explique-t-elle en toute franchise, sans pour autant regretter son passage au sein du cabinet.

NOVAlex lui semblait donc le meilleur endroit pour continuer son combat pour les femmes, en plus de présenter « un beau modèle d’affaires ».

« En revanche, je sais que je ne vais pas rendre NOVAlex très riche. Je viens avec des dossiers pro-bono », lance-t-elle, en ajoutant qu’elle fera tout de même quelques dossiers en droit des affaires et en droit administratif.

« Ce n’est pas parce que tu es femme que tu ne peux pas faire ça »

Son combat pour le droit des femmes à l’égalité a commencé il y a longtemps. Élevée dans une famille où leur autonomie était largement prônée, Me Pelchat se souvient de sa mère, fille d’une famille d’immigrants italiens, qui lui disait « ce n’est pas parce que tu es une femme que tu ne peux pas faire ça ». Des mots que sa mère avait elle-même entendus de son père.

« J’ai vite compris qu’il y avait un espace public peu investi par les femmes et j’étais encouragée à l’investir. Ma mère, qui a toujours travaillé, m’a aussi appris les vertus de l’indépendance financière. Elle me disait que je ne devais jamais dépendre d’un homme pour subvenir à mes besoins de base ».

Au cégep, Me Pelchat est conquise par les discours de l’un de ses professeurs qui l’encourageaient à reconnaître les stéréotypes dans les livres. Au fil du temps, ce sont d’autres féministes comme Thérèse Casgrain, Simone de Beauvoir, ou encore Marie Lacoste Gérin-Lajoie, qui modèlent ses réflexions.

« Quand je repense à Marie Lacoste Gérin-Lajoie qui est allée jusqu’à Rome plaider pour le droit de vote des femmes, j’en ai des frissons », dit-elle.

Par la suite, elle fait un bac en sciences politiques à l’Université d’Ottawa en 1978, puis commence à militer pour le Parti libéral du Québec.

De 1984 à 1994, elle se retrouve députée de la circonscription de Vachon à l’Assemblée nationale du Québec. Celui qu’elle nomme affectueusement « mon ami » en parlant de Jean Lapierre, fait partie de ceux qui l’ont poussée à se présenter.

En Afrique avec son mari

C’est dans ce contexte qu’elle découvre que le droit est omniprésent à l’assemblée. « J’ai toujours été intéressée par la justice sociale et le droit à l’égalité, alors je suis partie faire un bac en droit à l’Université de Montréal », raconte-t-elle.

Embauchée quelques années chez Fasken, elle finit par suivre son mari, le député Serge Marcil, mandaté pour la supervision d’un projet en Afrique de l’Ouest.

Les mauvaises langues diront qu’une féministe qui suit son mari se renie. « Ce n’est pas parce qu’on est féministe qu’il ne faut pas être dans une dynamique donnant-donnant. C’était un choix très éclairé et je suis très heureuse de l’avoir fait », raconte-t-elle.

Là-bas, Me Plechat œuvre pour l’alphabétisation des femmes et des enfants de la rue. « Depuis 1998, j’accompagne trois garçons qui étaient des enfants mendiants, j’ai des liens très forts avec eux », dit-elle en parlant d’eux comme de ses « fils ».

En politique active

À son retour au Québec, Me Pelchat devient cheffe de cabinet du ministère de la Justice puis de la Condition féminine et de la famille. En 2006, elle est nommée présidente du Conseil du statut de la femme du Québec.

« Mon mandat était de conseiller le gouvernement et de faire la promotion du droit des femmes à l’égalité. J’ai voulu donner une tournure juridique à mon mandat. Nous avons donné un avis sur la liberté religieuse et son conflit potentiel avec les droits des femmes. Cet avis a mené à une modification de la Charte québécoise.
C’est ce dont je suis le plus fière, car cette modification est venue introduire l’équivalent de l’article 28 de la Charte canadienne », raconte l’avocate.

Un « bijou de droit »

Son action résonne d’autant plus qu’il y a peu, le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse a soulevé des débats houleux. Me Pelchat a d’ailleurs un avis bien tranché sur la question. « Le droit des femmes à l’égalité ne peut souffrir d’aucun accommodement religieux. Il faut absolument vérifier que les accommodements raisonnables sont conformes à l’égalité femmes-hommes », précise-t-elle.

Pour l’avocate, le projet de loi 62 est « un bijou de droit ». Me Pelchat n’a jamais caché sa volonté de sortir de la partisanerie politique quitte à déplaire à certains. « On disait parfois, lorsque j’étais députée “Mais elle est devenue péquiste celle-là ou quoi?” ».

En plus de son engagement pour les femmes, Me Pelchat a à cœur de perpétuer la mémoire de son défunt mari, Serge Marcil, décédé lors du tremblement de terre en Haïti, en 2010. Tous les deux mois, elle retourne sur l’île des Caraïbes, avec l’association qui porte le nom de son mari, pour suivre l’évolution d’un orphelinat.
« Il n’y a pas que la politique qui sert à faire bouger les choses », croit-elle.

Politicienne, avocate, Me Christiane Pelchat a choisi de porter plusieurs casquettes, dans le seul but de servir la cause des femmes. « Et c’est pas demain la veille que je vais m’arrêter ! », promet-elle.
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1 commentaire

  1. Maria Serrano
    Maria Serrano
    il y a 6 ans
    Information
    Comment peux-je être en contact avec Madame Pelchat?
    Elle accepte mandats d'aide juridique?

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