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L’homme de confiance des clients

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Dominique Tardif

2019-04-10 14:15:00

Cette semaine, Dominique Tardif de ZSA s’entretient avec Me John Murphy, associé directeur national et chef de la direction de BLG.

Dominique Tardif de ZSA s’entretient avec Me John Murphy, associé directeur national et chef de la direction de BLG.
Dominique Tardif de ZSA s’entretient avec Me John Murphy, associé directeur national et chef de la direction de BLG.
1- Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier ou encore une autre profession? Était-ce de famille?

J’étais le premier avocat de la famille, tant du côté québécois que du côté terre-neuvien. Le droit était donc un domaine tout nouveau, mais cette idée d’aller en droit vient semble-t-il de loin! À preuve : j’ai inscrit ma fille à l’école secondaire et, en y entrant, ai reconnu un visage qui m’était familier chez la personne en charge de l’école, que je ne pouvais cependant « replacer ».

Y retournant par la suite, j’ai revu cette même personne qui m’a dit : « Et puis, es-tu avocat ou juge, maintenant? ». J’étais pour le moins surpris!...et j’ai réalisé que je parlais à mon enseignante de 7e année! Je ne l’avais pas revue depuis tout ce temps, mais elle se rappelait encore de cette volonté que j’avais de devenir avocat à l’époque!

2- Et pourquoi le droit?

Je suis quelqu’un qui aime l’action, aider et résoudre des problèmes, et qui prend plaisir à travailler en équipe avec des gens qui sont experts dans leur domaine. Avec le droit…that’s certainly what I got! La règle de droit et le fait que la discipline donne un cadre juridique régissant la façon dont la communauté d’affaires fonctionne et est perçue m’attiraient par ailleurs.

Le droit est donc venu à moi tout naturellement, et j’ai donc commencé par des études en commerce avec pour objectif d’ensuite entrer en droit.

3- Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière?

Mon plus grand défi professionnel, je le vis actuellement dans le cadre de mes nouvelles fonctions d’associé directeur national et chef de la direction de BLG.

J’ai été très choyé d’être sélectionné pour ce rôle…et je dois avouer que ça exige beaucoup de mes capacités!, dit-il humblement dans un rire. C’est, en effet, un rôle très vaste, qui implique des relations d’affaires tant localement qu’à l’international, qui amène beaucoup d’action et de décisions, dont plusieurs relatives à des investissements liés aux innovations. Les enjeux sont passionnants! Il est, cela dit, très exigeant de maîtriser suffisamment tant de sujets à un niveau bien différent de celui du droit pur : c’est un défi bien distinct de celui de gérer ses relations clients ou ses heures facturables.

Le défi réside aussi dans le fait de gérer un cabinet qui compte plus de 750 professionnels à travers le pays. Le nombre de rapports qui me sont faits et sur lesquels je dois me pencher est élevé. Dans un tel rôle, tout le monde veut avoir quelques minutes de mon temps, sachant que ça en prend évidemment généralement plus!

Les gens s’attendent – et à bon droit - à ce que je me prononce sur bien des sujets et que j’indique ce qu’on fera. Étant quelqu’un de consensus et de dialogue, il est souvent difficile de répondre par un ‘oui’ ou un ‘non’ : je veux être certain de ne pas omettre un aspect important de la décision et de toujours mettre en valeur l’ensemble de l’équipe afin de prendre la meilleure décision qui soit pour BLG.

Évidemment, et bien qu’on veuille faire intervenir plusieurs personnes, on ne peut pas demander à tout le monde tout le temps…il faut donc être certain de l’alignement qu’on veut donner au cabinet, et conscient des conséquences possibles de certaines décisions. Si la responsabilité ultime de la décision me revient et si je suis certainement prêt à chapeauter le tout, je demeure un associé d’abord et avant tout, et ne suis que first among equals.

4- Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à la pratique du droit?

Si j’avais une baguette magique, je ralentirais probablement la vitesse à laquelle nous fonctionnons en cabinet. S’il est vrai que le cabinet fait des investissements importants pour permettre à nos gens de bien s’adapter à la réalité et minimiser autant que possible le stress qui est lié à la pratique, il n’empêche que des réponses sont aujourd’hui exigées dans des délais beaucoup plus courts qu’avant.

La connaissance, même si elle est plus approfondie dans nos domaines respectifs, nécessite souvent une collaboration avec d’autres membres du cabinet et d’autres groupes de pratique. Malheureusement, nous n’avons pas toujours le temps d’avoir le plein avantage de notre plateforme quand une décision doit être prise très rapidement. Le fait de pouvoir ralentir un peu le rythme serait, à mon avis, probablement bénéfique pour tous dans certains cas.

5- La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique?

Je pense que la perception est à peu près semblable envers les avocats.

Évidemment, les choses changent et évoluent beaucoup en l’espace d’une carrière. À 35 ans, connaître le droit et donner un avis juridique juste est souvent la priorité. Avec le temps, la situation change. Je constate dans mon cas être aujourd’hui devenu dans bien des cas l’homme de confiance de mes clients. La maîtrise du droit est devenue un acquis, et le client appelle plutôt pour savoir ce que je ferais si j’étais placé dans la même situation que lui. Le travail en est d’autant plus valorisant et intéressant, parce que le rôle en devient un de conseiller d’affaires…et la perception, en ces cas, en est une de confiance envers l’avocat.

Quant à la perception de façon générale, je suis néanmoins d’avis qu’il faut faire encore davantage de pro bono, question de redonner à la société, comme le fait BLG dans le cadre de plusieurs initiatives.

6- Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et voulant gravir les échelons en pratique privée?

D’abord, je crois en l’importance de bien comprendre les défis de la technologie et de savoir comment en bénéficier vraiment, afin de rendre son travail encore meilleur. Les technologies peuvent, sans conteste, beaucoup nous aider.

De plus, je crois qu’il est essentiel de savoir établir et choisir ses priorités. On ne peut pas être coureur de marathon, mère ou père de famille, avocat émérite, conjoint / conjointe, siéger sur plusieurs conseils et avoir des activités para professionnelles tout en même temps. Il faut accepter de faire des choix et se limiter dans ses choix, en sachant bien identifier ce qui nous rend heureux. Ce principe est, à mon avis, encore plus vrai pour la nouvelle génération, qui a encore bien plus l’embarras du choix que nous ne l’avions!

Il devient dans ce contexte encore plus important de savoir où foncer et de se donner un chemin et un parcours. Being all things to all people all the time is impossible. Comme on dit souvent : Jack of all trades, master of none. Le domaine du droit est tout simplement trop rapide pour prétendre pouvoir tout faire!

  • Le dernier bon livre qu’il a lu : Trust : Twenty Ways to Build a Better Country (auteur: David Johnston, ancien gouverneur général du Canada)


  • Le dernier bon film qu’il a vu : Bohemian Rhapsody (réalisateur : Bryan Singer)


  • Sa chanson fétiche : Rolling In The Deep (interprétée par Adele)


  • Un principe qui vous guide au quotidien? The power of positive leadership, un concept développé par Jon Gordon dans son livre du même nom. Pour avoir du succès, il est impératif d’avoir une approche positive qui soit orientée vers les solutions. Rien ne sert d’approcher les choses en se plaignant!


  • Il craque pour…la réglisse (rouge ou noire!) et…un single malt scotch!


  • Ses restaurants préférés : l’Auberge des 3 Canards et Chez Truchon, à la Malbaie : délicieux, relevés et services impeccables!


  • Il retournerait volontiers…en Irlande (lui qui est irlandais!) et apprécie beaucoup l’Italie.


  • Le personnage historique qu’il admire le plus : Maurice Richard, un homme qui a su faire de lui un vrai leader, qui a compté le plus de buts dans la ligue et a, en même temps, cumulé le plus de minutes de punitions! Il savait démontrer aux gens qu’ils étaient capables, a amené tout un peuple ‘ailleurs’ tout en demeurant ancré dans son métier et dans le quotidien de de ce qu’il faisait.


  • S’il n’était pas avocat, il serait … bien embêté, ayant toujours aimé le droit! En y pensant bien, cependant, il nous confie qu’il aimerait volontiers jouer de la musique s’il avait plus de temps!


Me John G. Murphy a été nommé associé directeur national et chef de la direction de BLG en 2018. Au fil des ans, il a occupé d’importants postes de direction au sein du cabinet : en plus de siéger au Conseil de la société et au Comité de gestion national, il a assumé la fonction d’associé directeur du bureau de Montréal pendant 11 ans.

Fidèle à BLG depuis le tout début de sa carrière juridique, Me Murphy est un avocat de premier plan en droit de la construction. Dans le cadre de sa pratique, il conseille un vaste éventail de clients de l’industrie de la construction ou actifs dans de grands projets d’infrastructure. Il a acquis une vaste expérience des appels d’offres et des contrats de construction, des réclamations liées aux cautionnements d’exécution et cautionnements pour gages et matériaux, de la responsabilité professionnelle des architectes et des ingénieurs, ainsi que des actions en responsabilité du fabricant.

Il a notamment représenté DCCI dans le cadre de son action en justice en raison de retards et de dépassements de coûts encourus lors du remplacement du toit du Stade olympique de Montréal. Ce litige, accueilli par la Cour d’appel du Québec, a donné lieu à un important arrêt de principe ayant pour cadre un contrat « conception-construction ».

Leader brillant et dynamique, Me Murphy a agi comme conseiller stratégique auprès de certains clients de longue date de BLG et a été un modèle d’engagement communautaire en œuvrant auprès de plusieurs conseils et organismes caritatifs. Il est également Fellow et secrétaire au Collège canadien des avocats en droit de la construction. Il est membre du Barreau du Québec depuis 1990.



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