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Des billets réguliers vendus au prix des platines

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Stéphane Tremblay

2023-04-24 10:15:00

Déjà montré du doigt pour des pratiques douteuses, Ticketmaster fait face à une nouvelle action collective qui fera beaucoup jaser. L’avocat est…

Me Joey Zukran. Sources: LPC Avocats et Shutterstock
Me Joey Zukran. Sources: LPC Avocats et Shutterstock
Cette fois, le récent recours collectif déposé par Me Joey Zukran du cabinet LPC Avocat allègue que Ticketmaster vend en toute connaissance de cause des billets réguliers à un prix artificiellement gonflé.

On parle de sièges « Platine Officiels », des billets de première qualité pour des concerts et d’autres événements mis à disposition par les artistes et les organisateurs d’événements par l’intermédiaire de Ticketmaster.

Ils permettent aux fans d’accéder en toute équité et en toute sécurité à certaines des meilleures places de la salle.

Les déclarations seraient fausses et trompeuses parce que Ticketmaster décide unilatéralement des billets qu’elle annonce et vend comme « Platine Officiels » en fonction d’un événement donné. Il en résulte que la plupart, sinon la totalité, des billets annoncés et vendus comme « Platine Officiels » ne sont ni des « billets de première qualité » ni « certaines des meilleures places de la salle » et ne sont, en fait, que des billets réguliers vendus par Ticketmaster à un prix majoré, et ce, en toute mauvaise foi, mentionne la poursuite.

La billetterie en ligne utiliserait aussi des pratiques de concurrence déloyale en imposant un prix plancher pour la revente de billets.

Des allégations soulevées dans l’action collective déposée à la Cour supérieure de Laval et portée par Valérie, une fan de PINK.

La dame achète trois billets pour le spectacle que la chanteuse donnera au Centre Bell. Valérie réserve d’abord trois billets « Platine officiels » pour le spectacle du 1er novembre, présentés comme des places de première qualité (premium) mises à disposition par les artistes et les organisateurs d’évènements et qui permettent d’accéder aux meilleurs emplacements dans la salle.

Sous l’effet de la tarification dynamique, le prix des places s’est rapidement envolé. Les billets de Valérie coûtent chacun une soixantaine de dollars de plus que d’autres sièges « Platine Officiels » pourtant proches de ceux qu’elle a trouvés et mieux situés que les siens. Autrement dit, elle paie plus cher pour moins bien voir.

Valérie découvre quelques heures plus tard que Ticketmaster met en vente des billets pour un deuxième concert de PINK, le lendemain, qui n’était pas annoncé sur la plateforme.

Elle acquiert trois autres billets légèrement plus chers, mais mieux placés, en se disant qu’elle pourra revendre les premiers sur la plateforme Verified Resale de Ticketmaster.

Mais, quand elle veut le faire, la billetterie en ligne impose un prix plancher de 345 $ pour la revente, alors que la plateforme continue de proposer, de son côté, des billets dans la même section, pour 231 $ seulement. Un message sur le site de revente indique que « l’organisateur de cet évènement a fixé un prix de revente minimum ».

En s’appuyant sur le cas de Valérie, mais aussi sur des situations similaires pour d'autres événements des concerts de Drake, par exemple, le cabinet d’avocats spécialisé en actions collectives veut démontrer que Ticketmaster décide unilatéralement des billets qu’elle annonce et vend sous ce label, mais que la plupart des « Platine Officiels », sinon la totalité des billets annoncés et vendus comme tels, ne sont ni des billets de première qualité ni les meilleures places de la salle. Ce ne sont, en fait, que des billets réguliers pour lesquels les consommateurs ne bénéficient d’aucun avantage supplémentaire.

LPC Avocat allègue aussi que Ticketmaster adopte un comportement anticoncurrentiel en imposant un prix plancher à la revente des billets. Cette pratique est interdite par les règles du droit civil québécois et contraire à la Loi sur la concurrence, lit-on dans les documents de la poursuite.

De plus, indique la poursuite, dans plusieurs cas les consommateurs ne peuvent pas savoir que des places seront proposées pour un deuxième spectacle, ce qui provoque un effet de rareté au moment de leur achat et gonfle artificiellement les prix.

La poursuite souhaite obtenir des dommages et intérêts compensatoires de 300 $ par membre de l’action collective, le remboursement sur certains billets, ainsi qu’une injonction ordonnant à Ticketmaster de modifier ses plateformes (mobile et site web) et de cesser ces pratiques commerciales interdites.

Le recours collectif n’a pas encore reçu l’approbation des tribunaux.
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