Carrière et Formation

De stagiaire à procureur

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Camille Dufétel

2023-02-15 14:15:00

D’autres avenues que la Course aux stages existent pour les étudiants, par exemple au DPCP. Droit-Inc s’est entretenu avec un stagiaire devenu procureur. Qui est-il ?

Me Louis Durand
Me Louis Durand
Alors que la Course aux stages est en cours et que dès le 22 février, des candidats recevront des appels pour des entrevues, d’autres possibilités s’offrent aux étudiants.

Certains cabinets offrent leur propre parcours, ainsi que des institutions, comme le Directeur des poursuites criminelles et pénales, le DPCP.

Celui-ci a d’ailleurs lancé un appel de candidatures pour recruter une soixantaine de stagiaires du Barreau, partout au Québec, jusqu’au 17 février.

Et faire ce choix peut payer, comme en témoigne un stagiaire devenu procureur aux poursuites criminelles à Québec, Me Louis Durand.

Aujourd’hui, Me Durand, Barreau 2022, travaille sur plusieurs centaines de dossiers à son nom pour lesquels il est chargé des poursuites criminelles du début jusqu’à la fin des procédures judiciaires.

« Je négocie avec des avocats de la défense sur ce qu’on va faire, à savoir, si on va fixer un procès, si on va vers un règlement… », explique-t-il entre autres.

Il fait des représentations à la Cour dans des dossiers, effectue des suivis avec les victimes, s’assure que les témoins vont être présents à la Cour… De grosses journées où « il faut être à ses affaires ».

Un quotidien bien chargé alors qu’à l’automne 2021, Me Durand était stagiaire au sein de l’institution. Il ne se destinait pas au départ à y faire une carrière.

Une histoire de curiosité

Me Durand, qui avait complété un baccalauréat en relations industrielles avant d’en suivre un autre en droit à l’Université Laval, voulait au tout départ se spécialiser en droit du travail.

Faisant partie d’une banque étudiante pour les emplois dans la fonction publique, il reçoit un beau jour un courriel du DPCP. Il n’avait pas à ce stade suivi son cours de droit pénal général. « Mais j’étais curieux », précise-t-il.

Alors étudiant en 1ère année de droit, Me Durand s’est présenté au DPCP à Québec et a d’abord obtenu une entrevue pour un emploi étudiant. Sa communication orale a été remarquée.

Il faisait une journée d'observation par semaine et a pu découvrir le travail de procureur. « J’ai vu la passion qui animait les différents procureurs, le dynamisme à la Cour, tout ça me rejoignait », décrit-il.

En deuxième année de droit, tout était clair pour l’étudiant, qui ne voulait plus devenir avocat en droit du travail, mais procureur de la Couronne.

Ayant déjà toutes les informations nécessaires en ce qui concerne les stages au sein du DPCP, il n’a pas cherché à postuler pour un autre stage, se disant que s’il ne l’obtenait pas, il avait encore du temps pour préparer d’autres candidatures.

Originaire de Québec, il espérait, tout en restant ouvert, obtenir un stage à Québec, et l’a décroché.

Le DPCP n’offre en effet pas uniquement des stages à Québec.

Les candidats retenus à l’issue de l’actuel appel de candidatures effectueront un stage de six mois à temps plein entre le 1er avril 2023 et le 31 janvier 2025 dans l’un des sept bureaux régionaux du DPCP, précise Me Audrey Roy-Cloutier, procureure en chef adjointe par intérim de la Direction des communications.

Ou encore, au sein du Service de la gestion des biens, du Bureau des mandats organisationnels, du Bureau des affaires pénales, de celui des affaires de la jeunesse ou encore de celui de la grande criminalité et des affaires spéciales.

Une histoire d’autonomie

Aussi, durant son stage à l’automne 2021 à Québec, Me Durand avait pour sa part, grâce à son emploi étudiant, déjà la chance de connaître des procureurs avec qui il avait tissé des liens. Il souligne au passage que le DPCP est toujours ouvert aux emplois étudiants.

Il décrit un stage de six mois « hyper stimulant » durant lequel, dès le jour 2, il faisait des comparutions devant le juge, tandis qu’il travaillait sur une première enquête dès la première semaine.

« On met très rapidement la main à la pâte et tout le monde nous aide », se souvient-il, expliquant avoir été aussi bien supervisé par son maître de stage que par différents procureurs.

Il n’y a selon lui aucun autre stage avec supervision « où l’on se retrouve à faire des représentations devant un tribunal aussi vite ».

« Évidemment, c’est chacun à son rythme, moi j’ai été chanceux car j’avais été préparé, précise-t-il. On ne va pas envoyer un stagiaire sans préparation devant un juge. »

À la fin de son stage, assermenté, Me Durand est officiellement devenu procureur au sein du DPCP. Une possibilité, même s’il ne s’agit pas d’une garantie, offerte aux futurs stagiaires. Il assure ne pas regretter le fait de ne pas travailler dans un cabinet d’avocat.

« Un procureur exerce des pouvoirs importants, il agit dans l’intérêt public, souligne-t-il. Savoir qu’on nous confère cette confiance dans la société pour agir avec impartialité, indépendance, c’est tellement satisfaisant ! »

Peu importe l’ampleur du dossier, « on sait qu’on est en mesure de faire la différence et on agit au service de la justice », ajoute Me Audrey Roy-Cloutier.

Aussi, pour permettre aux futurs stagiaires du DPCP, qui doivent étudier en 2e ou 3e année de droit pour appliquer, de se faire eux-mêmes une idée de ce rôle, les mandats leur étant proposés seront très diversifiés, selon la Barreau 2007.

Ils vont de la gestion des biens issus de la criminalité à la lutte à la criminalité organisée, en passant par « l’application des quelque 100 lois canadiennes et québécoises qui régissent notre quotidien, en matière d’environnement comme de sécurité routière, de santé publique comme de bien-être animal et de protection du consommateur ».

Une histoire d’adrénaline

Aujourd’hui très satisfait de son emploi, Me Durand carbure aussi à l’adrénaline.

Il est en effet aussi danseur. Il a eu la piqûre à onze, douze ans, et a même fondé un groupe.

Son groupe a aussi effectué des tournées de spectacle partout au Québec.

« Faire des représentations devant la Cour vient rechercher la même adrénaline que quand je performe sur scène, c’est comme si c’était une suite logique », remarque-t-il, même si les enjeux sont évidemment différents.

En ce qui concerne l’appel de candidatures actuels, il suggère aux étudiants de se faire confiance et de foncer « vers des défis à n’en plus finir ».
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