Carrière et Formation

L’amour de la table et du business

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Camille Dufétel

2023-03-10 15:00:00

Une avocate allie son amour de la bouffe et du vin local avec celui du business. Elle a cofondé un cabinet et a acquis un restaurant de quartier en une année de temps.

Me Sabia Chicoine. Source: Facebook
Me Sabia Chicoine. Source: Facebook
Me Sabia Chicoine a une âme d’entrepreneure depuis toujours et l’a particulièrement prouvé ces derniers mois.

Elle a non seulement mis sur pied avec Me Serge Fournier, le cabinet FCA Légal dans le centre-ville de Montréal le 1er novembre dernier, mais est également devenue propriétaire du Comptoir Sainte-Cécile, un restaurant de quartier, qui est aussi une épicerie et un caviste, non loin du Marché Jean-Talon.

L’idée pour les deux associés de fonder leur propre bureau leur est venue à l’été 2022.

Alors que Me Chicoine et Me Fournier se sont connus chez BCF, où l’avocate a commencé sa carrière il y a moins de vingt ans, ils avaient gardé contact au fil des années et réfléchissaient à leur prochaine étape de carrière.

« Rapidement on s’est dit, ‘pourquoi pas partir un bureau ensemble ?’ question d’exercer notre pratique dans un petit milieu plutôt que dans de grandes organisations », explique Me Chicoine.

Les deux cofondateurs de FCA Légal, situé dans l'édifice Sun Life, voulaient avoir le libre contrôle de la façon dont ils souhaitent exercer et servir leurs clients. Mes Chicoine et Fournier travaillent avec une adjointe et une cheffe des opérations et font surtout du litige.

Chacun a son domaine de spécialisation, plutôt du litige fiscal pour Me Fournier, Barreau 1982 cumulant près de 28 ans de carrière chez BCF, tandis que Me Chicoine est davantage une experte des valeurs mobilières et des marchés financiers et propose aussi du conseil au niveau de la réglementation financière.

Me Serge Fournier. Source: LinkedIn
Me Serge Fournier. Source: LinkedIn
Le besoin d’entreprendre

L’avocate s’est rendu compte au fil du temps que bien qu’elle soit passionnée par le droit, l’entrepreneuriat était très présent et important pour elle.

« Fonder mon propre bureau me semblait être une occasion de joindre les deux. »

Avant cette décision, elle avait déjà fait appel à sa fibre entrepreneuriale avec un tout autre projet, celui de reprendre un restaurant de quartier déjà existant, le Comptoir Sainte-Cécile, en décembre 2021.

« J’avais toujours eu dans l’idée d’avoir une petite boutique du genre un jour, entre autres parce que quand j’étais à l’université, j’ai été serveuse et que j’ai toujours aimé l’aspect service », pointe l’avocate, qui vient d’une famille d’entrepreneurs.

Le rassemblement des gens qui s’aiment autour d’une bonne table est quelque chose qui a toujours été important pour elle.

« La vie avance et, approchant la quarantaine, je me suis dit que si je voulais avoir un petit magasin comme ça un jour, il fallait que je fasse arriver ce jour ».

C’est par hasard qu’elle est tombée sur le Comptoir Sainte-Cécile à vendre. « Quand ce type d’opportunités se présentent et que les étoiles semblent s’aligner, je saute sur l’occasion ».

Comptoir Sainte-Cécile. Source: Facebook
Comptoir Sainte-Cécile. Source: Facebook
Bonne bouffe et alcools locaux

Ce restaurant de quartier, rue de Castelnau Est, proche du croisement de l’avenue Henri-Julien, vend des plats prêts à manger que les gens peuvent apporter chez eux et réchauffer.

Un petit comptoir restaurant propose des sandwichs, des salades, des soupes, toutes sortes de petits lunchs sur le pouce. « Et on a une superbe collection de tous les alcools québécois, surtout des vins et des cidres, ainsi qu’une certaine sélection de bières », ajoute l’avocate qui souhaite ainsi faire grandir l’économie locale.

Pour ce qui est de la sélection des vins, Me Chicoine avait déjà un intérêt en la matière et a aussi appris sur le tas en allant à la rencontre des producteurs.

Jusqu’à l’ouverture de son cabinet d’avocats, elle était au Comptoir Sainte-Cécile tous les jours. « Je me suis imprégnée du fonctionnement de l’entreprise », affirme la Barreau 2007.

Une équipe était déjà en place. Si certains sont restés, Me Chicoine a aussi engagé du personnel, en particulier un chef de cuisine.

« J’aimais beaucoup le Comptoir tel qu’il existait, alors je n’ai jamais eu l’idée de changer l’âme de l’entreprise. Mais naturellement, j’ai quand même mis quelques aspects à ma couleur personnelle ».

Aujourd’hui la diplômée de McGill, qui a obtenu un DESS en lutte contre la criminalité financière à l’Université de Sherbrooke, partage son temps entre le Comptoir et le bureau, et adore ce quotidien varié.

L’envie d’un ailleurs

Un bail, des employés, des fournisseurs... Diriger une entreprise implique nécessairement toutes sortes de notions juridiques.

Face aux tracas qui peuvent survenir dans le cadre de la gestion d’une entreprise, Me Chicoine concède qu’elle a peut-être plus de réflexes qui lui permettent de relativiser, par rapport à quelqu’un qui n’aurait pas de compétences juridiques.

Mais ce qu’elle apprécie particulièrement dans le fait d’avoir ce restaurant est que cela l’amène complètement ailleurs.

« J’apprécie particulièrement la relation que j’ai pu établir avec les producteurs et avec la clientèle, c’est ce qui m’allume, affirme-t-elle. Ce n’est pas facile de faire du vin au Québec. Les producteurs sont tellement généreux et fiers de leur production, j’ai reçu un accueil à bras ouverts partout. »

L’univers de la Bourse

Puisqu’elle est ouverte aux opportunités, Me Chicoine, qui a été avocate interne de la Financière Banque Nationale dès 2012, puis a travaillé au sein du groupe TMX, opérateur boursier, pendant plusieurs années, n’a pas hésité à quitter un temps le milieu juridique.

Chez TMX, elle a notamment été cheffe des affaires juridiques de la Bourse de Montréal et de la Chambre de compensation CDCC, mais plus récemment, elle y a été responsable de la stratégie et des opérations de la Bourse de Montréal, puis des opérations de la Bourse de Montréal et de celle de Toronto.

Mère de deux garçons et aussi adepte d’ébénisterie, on lui demande souvent comment elle arrive à concilier vie de famille et gestion d’un restaurant et d’un cabinet d’avocats.

Son expérience l’a amenée à réaliser qu’on se met souvent nous-mêmes nos propres barrières.

« Quand on s’ouvre l’esprit, on se met à voir les solutions pour faire fonctionner tout ça et être heureux là-dedans ».
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1 commentaire

  1. DSG
    Sharp decline
    From TMX, to solo practice, to owning a lunch counter in a dingy part of town. So inspiring.

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