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Oasis ou la Justice à l’ère de Facebook

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Céline Gobert

2012-04-12 10:15:00

L’affaire Oasis soulève de nombreuses questions, notamment autour du nouveau pouvoir des médias sociaux sur le système de Justice. Me Sylvain Deslauriers de Deslauriers & Cie donne son point de vue à Droit-Inc.

Cette fois, c’est sûr, plus personne ne peut nier le pouvoir grandissant des médias sociaux.

L’affaire Oasis-Lassonde, sur toutes les lèvres depuis la fin de semaine, témoigne de l’influence de l’internet sur la sphère juridique.

Rappelons-le, même si la Cour d'appel du Québec lui avait donné raison, le fabriquant de jus Lassonde a choisi de rembourser les honoraires d’avocats de Deborah Kudzman, qu’il avait poursuivi parce qu’elle avait appelé ses savons Olivia’s Oasis.

Me Deslauriers pense que cette affaire va changer la façon dont une grande entreprise va planifier ses litiges et poursuites
Me Deslauriers pense que cette affaire va changer la façon dont une grande entreprise va planifier ses litiges et poursuites
En gros: Lassonde a cédé sous la pression médiatique.

Plusieurs débats jaillissent de l’histoire: nouvelles stratégies judiciaires à adopter par les entreprises, nouveaux ajustements, conséquences de cette imprévisibilité des engouements sociaux sur l’exercice de la profession.

Autant de questions que s’est posé Me Sylvain Deslauriers, qui a suivi cette affaire avec autant d’intérêt que de perplexité.

Une histoire qui va changer les choses

Selon lui, cette histoire va changer la façon dont une grande entreprise va planifier ses litiges et poursuites. Parce qu’elle doit prendre en compte une nouvelle donne : l’effet que cela va avoir sur le public.

"La compagnie va devoir opter pour une stratégie judiciaire en fonction de ce que le public pense. Lassonde avait le droit de faire ce qu’il a fait, c’est la réaction des gens qui a été totalement imprévisible, résume-t-il.

Selon lui, le raisonnement virtuel a un petit quelque chose d’irrationnel, fondé surtout sur l’émotion, pas forcément conforme avec la réalité.

Les gens ne réfléchissent pas forcément à la portée de ce qui est dit, ne connaissent pour la plupart pas grand-chose aux questions de marques de commerce.

"Dans la planification des actions que la compagnie doit prendre, c’est l’effet sur le public qui doit être pris en compte. Pour autant, est-ce qu’on va dire à nos clients : n’exercez pas vos droits parce qu’il peut y avoir des effets négatifs futurs sur le public ?", s’interroge Me Deslauriers.

Si une banque décide d’augmenter ses frais aux guichets automatiques, devra-t-elle plier face à la vox populi ?

Doit-on reculer à faire valoir ses droits, valables et légitimes, face à la pression d’une vague de protestations virtuelles et d’un phénomène de masse ?

Les médias sociaux vont-ils pouvoir organiser des boycotts généralisés contre certaines entreprises ?

"Ces choses-là existent déjà aux États-Unis, mais l’affaire Lassonde est une première au Québec. Cela amène de nombreuses interrogations, notamment sur des questions d’ajustement. Comment faire face à une éventuelle levée de bouclier par les réseaux sociaux, par exemple ? Est-ce ou non un feu de brousse ?", demande l’avocat.

"C’est facile de critiquer les avocats de Lassonde aujourd’hui, mais est-ce qu’ils pouvaient prévoir cela ? Je serais curieux de savoir combien d’avocats à Montréal auraient pu prévoir cette vague internet là."

Et vous qu’en pensez-vous ? Les médias sociaux vont-ils rendre la justice de demain ? Danger ? Contre-pouvoir naissant ?
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