Carrière et Formation

Droit familial: et l’amour dans tout ça?

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Marie Pâris

2014-04-29 15:00:00

Séparation, divorce, dispute: quand on exerce en droit de la famille, on voit Cupidon accuser des coups tous les jours. Les avocats peuvent-ils croire encore en l’amour?

«Au début de ma carrière, c’était vraiment difficile de rencontrer les clients, d’entendre leurs histoires et de savoir contrôler mes émotions», raconte Me Ofelia Lamanna, avocate chez Azran & Associés à Montréal.

Si elle fait quelques dossiers en droit civil, elle exerce depuis une dizaine d’années en droit familial, comme la majorité des sociétaires de son cabinet.

Après un bac en sciences politiques à l’Université Concordia et un autre en droit à l’UdeM, elle passe le Barreau du Québec en 2004 et commence à pratiquer sur des dossiers familiaux dès son stage de formation professionnelle.

«À l’Université déjà, c’était mon cours préféré. Le droit de la famille est vraiment un choix personnel: je voulais travailler avec des personnes en situation de divorce, etc. Dans ce domaine, on peut vraiment aider les gens, changer leurs vies», explique Me Lamanna.

Référente matrimoniale des amis

Me Ofelia Lamanna, avocate chez Azran & Associés à Montréal
Me Ofelia Lamanna, avocate chez Azran & Associés à Montréal
Au fil du temps, Me Lamanna est un peu devenue la «référente matrimoniale» pour son entourage. Une question couple? On vient la voir. «Mais je les envoie vers un autre avocat, ou sur Internet. Je préfère dans ces situations le rôle de médiatrice, pour les aider à prendre du recul», confie-t-elle.

Si elle croit encore en l’amour? Elle rit: c’est apparemment une question qu’on lui pose très souvent. «Oui j’y crois. Il faut y croire. L’amour, ça marche quand il y a du respect et de la communication.»

Elle voit pourtant au quotidien des situations difficiles, et doit apprendre à gérer ses émotions; « Si on pleure avec le client, on ne l’aide pas. On n’a pas d’autre choix que de prendre de la distance. J’ai appris avec le temps à séparer ma vie professionnelle et personnelle».

Ce qui l’aide, c’est de parler beaucoup avec les collègues. D’où son choix de rester en pratique privée: «Entre confrères, on peut discuter de nos dossiers, on se comprend...»

Un optimisme rassurant, partagé par son confrère Me Norman Schwartz, qui exerce en droit familial à Montréal au sein du cabinet Druker, Narvey, Green, Schwartz. «Ma vision de l’amour? Non, elle ne change pas.»

Le droit familial, pas pour tout le monde

Cet avocat a commencé à exercer en litige civil et droit comparatif, mais avec une part de droit de la famille. «Et quand mes cheveux ont commencé à grisonner, je me suis dit qu’il serait bien de faire quelques changements...» Aujourd’hui, le droit familial constitue plus de 75% de sa pratique.

«Ce domaine, c’est pas pour tout le monde. Il faut savoir gérer ses émotions, ainsi que celles des clients. Notamment pour les séparations: c’est très émotionnel, surtout quand il y a des enfants dans l’équation», explique Me Schwartz, médiateur accrédité depuis 1999.

L’avantage du droit de la famille selon lui, c’est que les clients sont vraiment motivés pour régler leurs problèmes, pour leurs enfants.

Son truc pour tenir le coup: «Quand la journée de travail est finie, je passe à autre chose, je retourne à ma vie privée, et j’oublie le travail. Il faut laisser les problèmes de bureau au bureau» (mais il a aussi une autre technique pour se vider la tête: faire du tennis trois fois par semaine!).

Un message pour les jeunes étudiants? «En droit de la famille, il ne faut pas entrer dans le débat, mais rester neutre.» Quant à Me Lamanna, elle insiste sur le fait qu’«il faut beaucoup de patience en droit familial… Surtout, savoir écouter les gens sans les juger.» Et malgré tout, croire toujours en l’amour!


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