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La vie après la prison

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Agence Qmi

2014-09-29 10:30:00

Chaque année près de 10 000 sentences prennent fin au Canada et 20 millions $ sont injectés pour la réinsertion sociale dans la province. La deuxième chance existe-t-elle ?

Les réactions surprenantes des employeurs

La deuxième chance existe-t-elle ?
La deuxième chance existe-t-elle ?
Munis d’une caméra cachée, la journaliste et le caméraman de J.E. ont visité une vingtaine de commerces. Une fois informée de « l’erreur de parcours » de la future employée, la gérante d’une boutique de vêtement répond : « Ce n’est pas grave si tu es accusée de voie de fait. C’est moins pire que si tu m’avais dit vol à l’étalage ».

La responsable d’une grande surface bien connue a plutôt réagi ainsi: « Ici, ils ont des barèmes très stricts. Certains délits peuvent être tolérés, d’autres non ». Elle explique par la suite qu’elle ne peut rien promettre s’il y a eu incarcération.

Pression sociale

Philippe Vaillancourt venait tout juste de sortir de prison lorsqu’il a passé une entrevue. Il a fait face à des accusations d'introduction par effraction, vols qualifiés et possession de biens criminellement obtenus.

Il estime qu’il est préférable de jouer franc jeu au moment de l’entrevue, mais déplore les nombreux obstacles : « Quand tu es en maison de transition fermée, tu n'as pas le droit d'avoir de téléphone cellulaire. Donc, j'ai eu un emploi dans une compagnie réputée, mais mon outil de travail était un téléphone alors, j’ai dû refuser.»

Judy (nom fictif) s’apprêtait à quitter la prison de Joliette lorsqu’elle a rencontré l’équipe de J.E. Elle regardait l’avenir avec espoir, mais anticipait déjà la réaction d’employeurs potentiels : « Je ne crois pas que je vais mentionner mon passage à Joliette. Ça risque trop de me mettre des bâtons dans les roues.»

La femme d’une cinquantaine d’années, mère d’un jeune garçon, est réaliste : « Moi mon problème, c’est le vol à l’étalage. Je ne vais quand même pas demander de travailler dans une banque, mais en même temps c’est important de me trouver un emploi pour ne pas retourner à mes vieilles habitudes.»

L'Association des services de réhabilitation sociale du Québec offre des ateliers aux ex-détenus afin de mieux les outiller pour leur retour dans la société.

Le directeur général, Patrick Altimas, estime que ce n’est pas nécessairement une bonne idée de se présenter comme un ancien prisonnier dès la première rencontre. Il estime que les obstacles sont présents à bien des niveaux : « Que ce soit pour se trouver un emploi, un logement ou une assurance, car c’est particulier au Québec, mais un assureur peut discréditer quelqu'un qui a un dossier criminel.»
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