Carrière et Formation

L’avocate qui crève l’écran

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Sonia Semere

2024-03-22 15:00:48

Nada Boumeftah
Une avocate criminaliste s’illustre également sur le petit écran en tant que chroniqueuse. Droit-inc est partie à sa rencontre…


Avocate criminaliste le jour, chroniqueuse dans l’émission Les débatteurs sur la chaîne Noovo, le soir, Me Nada Boumeftah est sur tous les fronts.

Droit-inc lui a donné rendez-vous au Bah! café, une discrète adresse brésilienne située sur Le Plateau, afin de revenir sur son parcours.

Accoutumée des plateaux télévisés et des réseaux sociaux, Me Boumeftah se prête rarement à ce type d’exercice. C’est sur un fond de bossa nova que l’avocate criminaliste accepte finalement de se livrer à quelques confidences.

Sous les feux des projecteurs

Durant la pandémie, Me Boumeftah suscite la curiosité des médias en apparaissant régulièrement sur les réseaux sociaux.

Très rapidement, l’avocate s’offre une deuxième casquette : celle de chroniqueuse.

À l’instar de son rôle d’avocate de la défense, ce rôle de chroniqueuse lui offre la possibilité de prouver que les femmes issues de minorités ethniques ont aussi leur place sous les projecteurs.

« J’ai vu une opportunité d'avoir une voix supplémentaire dans le milieu juridique », assure la jeune femme à Droit-inc.

Une voix qui passe par la vulgarisation du droit et le partage d'information « parce que le public sait peu de chose ».

Me Boumeftah occupe ainsi le rôle de chroniqueuse dans l’émission Les Débatteurs sur la chaîne Noovo. Le pitch du programme? Face à un sujet d'actualité, des débatteurs chevronnés ont 30 minutes pour confronter leurs avis.

À travers son rôle de chroniqueuse, Me Boumeftah veut également jouer un rôle de représentation « C’est une chance pour moi de pouvoir parler, de m’exprimer en tant que juriste ».

Un sentiment d’injustice

Il faut dire que, depuis toujours, la jeune femme ressent un profond sentiment d’injustice.

Née au Maroc, arrivée durant l’enfance au Québec, Me Boumeftah a dû trouver comment faire sa place dans une société où elle ne se sentait pas représentée.

« Ce sentiment d'injustice, il a provoqué en moi ce désir de prendre ma place », assure la jeune femme.

Dès l’école secondaire, elle est animée par la volonté de s’impliquer dans des comités, « je voulais être la porte-parole ». Rien de surprenant de la retrouver aujourd’hui en tant qu’avocate de la défense…

« Quand j'étais jeune, j'étais aussi très intriguée par tout ce qui était en lien avec l'enquête. Tu vas rire, mais j’adorais la série Coroner avec toute la recherche scientifique ».

Après avoir été diplômée d'un DEC en sciences de la nature, la jeune femme s'inscrit à l'Université de Sherbrooke pour suivre des études de droit.

Bien consciente de ne pas avoir les codes du milieu, Me Boumeftah met toutes les chances de son côté pour se préparer à la Course aux stages et s’offre même… des cours pour apprendre les bonnes manières à table!

Une passion pour le droit criminel

Finalement, la jeune femme décide de ne pas participer à la fameuse Course aux stages et traite ses premiers dossiers aux côtés de Me Alexandre Bergevin.

« J'ai eu la chance de faire des dossiers incroyables, où la preuve était phénoménale, où les questions de droit étaient très articulées, très complexes », se remémore-t-elle.

« Aujourd’hui, on ne voit plus de dossiers qui durent aussi longtemps, avec une preuve aussi volumineuse, des enquêtes aussi longues ».

Ce stage lui a assurément donné le goût du métier et l’envie de se battre davantage. Depuis huit ans, Me Boumeftah travaille à son propre compte sur des dossiers en droit criminel, mais également en protection de la jeunesse.

À la nouvelle génération qui voudrait se lancer dans la même voie qu’elle, la jeune femme conseille d’être organisé, de rester aux aguets face aux constantes évolutions législatives et de faire preuve d’empathie.

Selon elle, il faut toujours se préparer à l’idée que « chaque individu est différent, surtout en criminel ou en DPJ ».

« On ne choisit pas le type d'accusé ou les gens qu’on représente et, bien souvent, on fait face à une population vulnérable ».

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