Deux Lavallois ont appelé des dizaines de fois le 911 pour se plaindre du bruit, de l’odeur ou du comportement violent de leurs voisins avant que la situation ne se retourne contre eux
Deux Lavallois ont appelé des dizaines de fois le 911 pour se plaindre du bruit, de l’odeur ou du comportement violent de leurs voisins avant que la situation ne se retourne contre eux
Ces hommes doivent vraiment consulter un psychiatre » , lance Savie Rodriguez, l’une des voisines impliquées dans cette histoire rocambolesque.

Ces hommes, ce sont les frères Thomas et Peter Zay, qui vivent ensemble sur la 88e Avenue, à Laval.

Ceux- ci ont déposé plus de 60 plaintes depuis 2008 et fait venir la police à des dizaines de reprises à propos de leurs voisins adjacents, soit Peter Wong et Savie Rodriguez d’un côté, et Paola La Mendola et Sylvain Parisé de l’autre.

« Je ne pouvais plus les laisser faire, il a fallu agir » , dit au Journal Paola La Mendola, qui, comme son voisin Peter Wong, a poursuivi les frères Zay à la division des petites créances. La juge Julie Messier vient de condamner les frères Zay à verser 4000 $ à chacun des voisins pour les troubles subis.

« Les Zay savaient pertinemment que tous ces appels aux policiers allaient importuner leurs voisins, l’intention de nuire est manifeste », conclut le magistrat dans un jugement- fleuve de 28 pages assez rare à la division des petites créances.

« La juge est totalement incompétente », a martelé Peter Zay quand Le Journal est passé recueillir ses commentaires. M. Zay dit avoir déposé une plainte au Conseil de la magistrature, où il conteste le jugement.

Odeurs, bruit et menaces de mort

Pourtant, les rapports minutieux des policiers de Laval laissent transpirer l’exagération des frères Zay que relate la juge.

Par exemple, le 12 juillet 2008, un des frères Zay compose le 911 pour se plaindre... de l’odeur dérangeante de peinture provenant de chez son voisin.

La police reçoit aussi des dizaines d’appels entre 2008 et 2013 pour le son élevé de leur musique. Les autres voisins du quartier constatent aussi qu’on fait parfois jouer la musique fort, mais rien selon eux qui justifie de porter plainte.



La juge Messier conclut donc que la musique « n’a jamais été constatée par qui que ce soit d’autre que les Zay comme excédant le bruit normal qui doit être toléré lorsqu’on vit en communauté » .

De son côté, Paola La Mendola portera plainte contre les frères Zay, qui la harcèlent pour les jappements de ses chiens.

« Les chiens sont comparables dans leurs agissements, jappements, intensité et durée à tous ceux du quartier», témoigne la factrice.

Les Zay accusent même Peter Wong d’avoir proféré des menaces de mort et d’avoir des problèmes mentaux. L’homme a même subi une arrestation en règle.

Une intervenante conclura plus tard qu’il n’existait aucun motif d’intervention auprès de Wong et les procédures criminelles ont été annulées.

Peter Wong n’était d’ailleurs pas disponible pour parler de cette histoire.

« Peter a fait une attaque cardiaque à la suite de ses procédures, qui l’ont beaucoup affecté», explique Savie Rodriguez.

Même la policière affectée au dossier subira les foudres des Zay, qui l ’accusent d’avoir un comportement « frivole, vexatoire, péjoratif, insultant, bête et intempestif ».

La plainte en déontologie sera rejetée. Sans surprise, les frères Zay en appellent de cette décision. L’article 976 du Code civil souligne, entre autres, que « les voisins doivent accepter les inconvénients normaux du voisinage » .

Pour lire le jugement, cliquez ici.