Montréal, le 6 juillet 2015

J’appuie la bâtonnière Lu Chan Khuong

La suspension de la Bâtonnière du Québec sur un simple soupçon né de la déjudiciarisation d’un dossier d’enquête soulève des questions à la fois importantes et inquiétantes.

D’une part, la fuite de ces informations jette un doute sur l’efficacité du système de déjudiciarisation. Qui accepterait de renoncer à ses chances d’obtenir un acquittement si l’incident en cause risquait de devenir un accroc à sa carrière et de ternir irrémédiablement sa réputation?

Il faut souligner que le but de la déjudiciarisation est précisément d’éviter ce genre de conséquences. La société gagne tant en économisant les coûts associés à la tenue d’un procès qu’en évitant des injustices potentielles à des citoyens innocents. L’individu qui, entre parenthèse n’admet rien, épargne aussi les coûts et les incertitudes du processus juridique. Ce n’est pas déconsidérer la justice que d’énumérer les bénéfices qui découlent d’un tel programme.

Depuis quelques années, notre société a acquis la tendance à condamner trop facilement et à garder un dossier contre les personnes concernées sur tout ce qui peut être perçu comme péjoratif. Espérons que cet incident malheureux amènera une réflexion et un changement d’attitude et que la Bâtonnière récemment élue par une forte majorité d’avocats pourra réintégrer ses fonctions sans délai.

Julius H. Grey, M.A., B.C.L., B.C.L. (OXON)
Attorney, Avocat