Me Cloé Leroux lance la fondation SELfie
Me Cloé Leroux lance la fondation SELfie
Intimidation, agression, arrestation… Lorsqu’ils sont confrontés à des moments moins joyeux de leur existence, les jeunes sont bien souvent ignorants de leur droit, a constaté Me Cloé Leroux.

Et c’est pour y pallier que l’avocate de Saint-Jérôme a créé SELfie, une fondation dont la mission est d’éduquer, de conscientiser et d’informer les jeunes à leurs droits, devoirs et obligations. Conférences et ateliers interactifs sont offerts gratuitement dans les écoles.

Le lancement officiel a eu lieu le 15 décembre dernier à Saint-Jérôme en compagnie de professeurs et de directeurs de la commission scolaire de la Rivière-du- Nord, d'entrepreneurs ainsi que de Me Rhéal Fortin, député du comté Rivière-du-Nord,

Depuis qu’elle a débuté sa pratique en 2012, Me Leroux se spécialise en droit pénal pour les adolescents, domaine qu’elle a découvert lors de ses études en droit à l’Université de Sherbrooke. « Avec mon expérience en matière de jeunes contrevenants, j’ai constaté un manque flagrant d’information. »

Lorsqu’ils se font arrêter, les jeunes ignorent bien souvent qu’ils ont droit à la présence d’un avocat, et droit au silence, déplore Me Leroux. « Les policiers leur disent parfois : ‘Si tu veux parler à ton avocat, ça va être long, tu es mieux de nous parler, tu vas rentrer chez toi plus vite’. Les jeunes sont souvent émotifs dans pareille situation. Ils vont confesser des choses qui vont nuire à leur dossier. »

Attention aux réseaux sociaux

Un jeune bien informé sera aussi moins enclin à commettre des actes répréhensibles. Notamment sur les médias sociaux. « Les jeunes se mettent dans le pétrin, notamment en divulguant des informations sur les réseaux sociaux qui peuvent les incriminer. Je leur explique que ça ne s’efface jamais complètement. Ça peut gâcher des vies. »

Par ailleurs, ils ne réalisent pas toujours que des menaces sur les réseaux sociaux, ce sont de vraies menaces. Et que s’ils partagent la photo osée de la copine d’un ami, ça peut être considéré comme de la divulgation de pornographie juvénile. « Et ils ont la pensée magique que tout va s’effacer à 18 ans… Ça ne marche pas comme ça.»

La Fondation SELfie (pour Savoir être légal, fondation pour l’intégrité étudiante), arrive donc à point, selon l’avocate. « La loi est un outil formidable, mais il est primordial d’en connaître les nuances.»

Une campagne de financement a été lancée afin de recueillir des fonds. Ils serviront à venir en aide aux jeunes de la région dans le besoin, et à financer les conférences dans les écoles, tant au secondaire que dans le dernier cycle du primaire.

Pour le moment, c’est Me Leroux elle-même qui assure le service dans les écoles du district de Terrebonne. « On va commencer plus local, mais on veut s’étendre dans d’autres régions du Québec, dès qu’on aura élargi notre réseau de conférenciers. »