Me Rodolphe Bourgeois a dit que la poitrine d’une enfant n’est pas sexuelle
Me Rodolphe Bourgeois a dit que la poitrine d’une enfant n’est pas sexuelle
« L’accusé aurait fait des gestes circulaires sur la poitrine et le ventre, que je soumets ne sont pas des parties sexuelles pour un enfant de cet âge-là, ça n’a pas de seins à cet âge-là», a lancé en cour le criminaliste Me Rodolphe Bourgeois, cette semaine au palais de justice de Montréal.

Il plaidait dans une cause de contacts sexuels sur une petite de 10 ans par un quinquagénaire. L’argument n’a toutefois pas convaincu la juge qui a maintenu l’accusation à ce stade-ci des procédures.

Mais peu après, Me Bourgeois en a remis sur Facebook. « Ça a l’air que pour certain(e)s magistrat(e)s, une fillette de 10 ans a des seins (et non des pectoraux...) et que ça serait une “partie personnelle”», a-t-il écrit. Il n’en fallait pas plus pour que ses propos soulèvent l’ire d’avocats, tant de la Couronne que de la défense.

« Ça ne prend pas un expert pour faire la démonstration qu’une fillette de cet âge a des seins en développement, a lancé la juge retraitée Nicole Gibeault. On est en 2016, comment s’attendre qu’un avocat tienne ces propos? Ça va à l’encontre de tout ce qu’on enseigne aux jeunes filles. »

Le sexologue et expert en délinquance sexuelle Mario Larivée-Côté abonde dans le même sens.« Clairement que c’est une partie intime, a-t-il dit. Justement, les pédophiles recherchent un enfant qui n’a pas de formes. C’est ça qui les excite. »

Il persiste

Me Bourgeois, de son côté, assume entièrement ses propos. « Je prétendais que ça devient une partie pertinente (au contact sexuel) quand la personne est un peu plus âgée », a-t-il dit en entrevue. Mais il faut remettre les choses dans son contexte, a-t-il insisté. Selon lui, si son client a commis ces gestes, ce n’est pas dans un but sexuel, mais plutôt pour « chatouiller » la petite, et il assure que c’est ce qu’il a voulu démontrer en plaidoiries.

« Si toucher cet endroit-là devient sexuel... Dans le fond, il ne faut pas toucher à un enfant nulle part, que ce soit le dos, la cuisse », a-t-il dit, tout en ajoutant qu’il ne recommandait à personne de toucher un enfant qui n’est pas le sien.

Malgré tout, il ne comprend pas le tollé que ses propos ont créé, en se disant « navré » de l’ampleur de la controverse qu’il s’explique mal.

Quoi qu’il en soit, ses collègues se sont dits assez révoltés, au point que certains envisagent de porter plainte au Barreau.