Annie Roy est secrétaire juridique depuis bientôt 32 ans
Annie Roy est secrétaire juridique depuis bientôt 32 ans
En pleine mutation, le secrétariat juridique ? Absolument ! Qu’il s’agisse de secrétaires à qui l’on demande d’exécuter des tâches de parajuriste ou des parajuristes embauchés pour des tâches de secrétariat, les professions de soutien évoluent.

Dans l’ensemble, et en admettant que le salaire suive cet apprentissage supplémentaire, les secrétaires juridiques trouvent cela positif. Félicia, secrétaire juridique en cabinet d’avocat, est régulièrement amenée à accomplir des tâches dévolues d’ordinaire aux parajuristes.

Sur la page de Droit-inc, elle témoigne, déclarant que les tâches ne sont pas vraiment compliquées et qu’il s’agit plutôt d’une adaptation. « Autant les parajuristes que l'avocat avec qui je travaille m'ont montré comment faire certaines tâches (préparation de résolutions, déclaration au REQ, mise à jour de livres de minutes, etc.). Personnellement je trouve que c'est un gros atout. »

Les parajuristes ennuyées

Annie Roy est amenée au quotidien à effectuer des tâches de parajuriste
Annie Roy est amenée au quotidien à effectuer des tâches de parajuriste
Pour Karanna, il est un peu dommage de former des parajuristes si l’on donne ensuite leur travail aux adjointes juridiques. Pourtant, la passation n’est pas forcément aisée puisque « les programmations de formation ne sont pas du tout les mêmes, surtout en deuxième année » estime Alexe, stagiaire parajuriste.

Marie-Claude, elle-même technicienne juridique, rappelle que c’est aussi parce que des parajuristes sont employées à des postes de secrétaires que l’on a l’impression que les adjointes ont des fonctions qu’elles n’ont pas d’ordinaire.

Annie, elle, est secrétaire juridique depuis bientôt 32 ans. Elle est amenée au quotidien à effectuer des tâches de parajuriste. En dehors des tâches habituelles de secrétaire juridique, elle prépare régulièrement des projets de procédures, fait parfois des recherches jurisprudentielles - mais pas doctrinales, cette partie est dévolue à son patron, ou encore sort et analyse des plumitifs, autant de nature civile, criminelle que pénale.

« Normalement, c’est à une technicienne de trouver à quoi correspondent les chefs d’accusation mais il arrive que je le fasse, si les accusations ne remontent pas à trop longtemps...», souligne-t-elle. Trois fonctions parmi de nombreuses autres, qui sont souvent l’apanage des techniciennes juridiques.

Un apprentissage difficile ? Pas vraiment! « Comme je n’ai pas été formée pour cela, c’est certain que je dois faire plus attention qu’une technicienne à la façon dont je nomme les jurisprudences et la doctrine dans les cahiers de notes et autorités, déclare Annie. Le plus difficile est sans conteste la doctrine, car la façon de l’indiquer n’est pas toujours claire. On a qu’à penser aux auteurs, qui sont souvent 4 ou 5, pour ne donner que cet exemple. » Pour éviter les erreurs, elle se fie notamment au guide Lluelles que lui a remis l’une des techniciennes juridiques du bureau.

Des super secrétaires pas toujours bien payées

Annie Roy se considère plus comme une
Annie Roy se considère plus comme une "super secrétaire"
Si Annie apprend vite, elle est aussi proactive. C’est lors des dix années passées à travailler à son compte qu’elle a commencé à effectuer ce genre de travaux. Elle ne se chargeait alors que des mémoires d’appels.

L’apprentissage en tant que tel n’est pas si difficile, « mais c'est ici que la capacité et la volonté d'apprendre ainsi que la compétence de la secrétaire entrent en ligne de compte. Je me garde cependant de penser que je pourrais tout faire du premier coup ce qu'une technicienne fait. Je n’ai pas reçu sa formation. Je suis réellement plus une "super secrétaire" ou "parajuriste" qu’une technicienne juridique. »

Reste que ces super secrétaires ne sont pas toujours payées davantage pour le surplus de travail qu’elles effectuent ou les compétences supplémentaires qu’on leur demande. Est-ce normal ? Pas forcément. Mais pour Annie, qui s’estime déjà bien payée, l’intérêt réside aussi dans les tâches demandées. « Je ne serais pas confortable dans un emploi de simple secrétaire, avoir plus d’autonomie et de proactivité me vont très bien! » Une évolution qui fragile la frontière entre parajuriste et secrétaire.