Quand une avocate choisit le retour en région… et le droit agricole

Quand une avocate choisit le retour en région… et le droit agricole
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-03-17 14:15:26

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Une avocate mise sur le droit agricole et la proximité avec ses clients. Droit-inc a jasé avec elle.

Katherine Ammerlaan - source : LinkedIn


Il y a tout juste un an, Me Marcel-Olivier Nadeau, fraîchement élu bâtonnier du Québec, plaçait la pratique en région au centre de son mandat afin de soutenir la relève juridique hors des grands centres.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Me Katherine Ammerlaan incarne parfaitement ce retour en région. Après avoir commencé sa carrière en litige à Montréal, au sein du cabinet Lavery, ses racines rurales l’ont rapidement ramenée vers la campagne.

Originaire de Saint-Valentin, elle commence par rejoindre le cabinet Paradis, Lemieux, Francis avant de fonder, après la pandémie, AgriLégal, un cabinet qui mise sur la proximité et l’accompagnement personnalisé des clients, tout en conciliant expertise juridique et qualité de vie en région.

Encore méconnu, le droit agricole comporte pourtant son lot d’enjeux juridiques. Droit-inc est allé à la rencontre de Me Ammerlaan pour explorer les réalités de ce domaine.

Comment décririez-vous AgriLégal et votre approche?

AgriLégal est avant tout une équipe de cinq femmes : trois avocates, une stagiaire et une secrétaire. On souhaite réellement offrir à nos clients un accompagnement humain, proche et basé sur la confiance.

Je privilégie les appels téléphoniques aux courriels, et je visite souvent les projets ou les entreprises de mes clients pour bien comprendre leurs besoins.

On travaille également en collaboration avec des arpenteurs-géomètres, des agronomes, des notaires ou des courtiers immobiliers. Notre objectif est d’accompagner les clients dans leurs projets, en leur donnant un appui concret et intégré, plutôt que de simplement gérer les aspects légaux de manière détachée.

Quels types de clients font appel à vous et pour quel type de services?

La majorité de nos clients sont des personnes qui souhaitent réaliser un projet en zone agricole. Cela peut être l’achat d’une terre pour construire une résidence, l’implantation d’un projet agricole nécessitant une autorisation de la CPTAQ, ou encore des projets agrotouristiques, comme des excursions à cheval avec hébergement.

Nous accompagnons également des clients hors Québec ou d’autres provinces qui souhaitent acheter des terres ici, en les guidant à travers toutes les étapes administratives. Parfois, nous recevons des plaintes concernant des activités illégales sur le territoire agricole, ou des dossiers qui peuvent aller jusqu’au tribunal.

On couvre une large gamme de services, allant de l’autorisation de projets à la résolution de litiges, toujours dans une approche constructive et centrée sur le projet du client.


Concrètement, à quoi ressemble votre pratique au quotidien?

Le volet zonage agricole est très administratif. Il implique beaucoup de documents, de suivis de dossiers, des rencontres avec différentes parties, et parfois des audiences devant la CPTAQ. C’est un travail très structuré et précis.

Le volet mise en marché de produits agricoles, lui, est plus proche du litige. Nous plaçons souvent nos clients dans un environnement où ils doivent prouver des faits, répondre à d’autres avocats, ou défendre un projet devant une instance comme la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec.

On travaille sur tous types de production : poulet, bœuf, porc, légumes… et parfois sur des projets para-agricoles, comme des initiatives agrotouristiques.

Le droit agricole reste un domaine encore méconnu. Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette pratique?

Ce que j’aime, c’est que c’est un droit constructif. On accompagne des clients qui réalisent leurs projets, on construit quelque chose avec eux, plutôt que de gérer des conflits ou des litiges personnels. Cela rend le métier beaucoup plus positif et enrichissant.

C’est également un domaine flexible et humain. Les deux avocates qui travaillent avec moi sont de jeunes mamans, et nous avons mis en place un environnement de travail très adaptable : télétravail, horaires ajustables, autonomie complète. Cette philosophie de flexibilité et de collaboration se reflète dans notre relation avec nos clients et rend le travail agréable pour tout le monde.

Selon vous, pourquoi ce domaine pourrait-il intéresser la relève juridique?

C’est un droit qui permet de combiner travail juridique et impact concret sur la vie des gens. C’est gratifiant de voir des projets se réaliser, d’aider les clients à construire leurs rêves.

C’est aussi un domaine où le stress et la confrontation sont moins présents que dans d’autres secteurs, et où l’on peut avoir un équilibre vie-travail beaucoup plus sain.

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