La ministre du Travail, Dominique Vien
La ministre du Travail, Dominique Vien
Québec a déposé son projet de loi spéciale pour mettre fin à la grève dans la construction qui dure depuis mercredi en raison de l'impasse dans les négociations. La ministre du Travail, Dominique Vien, estime que la décision s'impose en raison des « impacts économiques majeurs pour le Québec » de la grève. Si les représentants des travailleurs s'opposent clairement au texte, ceux des patrons sont divisés.

Le projet de loi de la ministre Vien impose un retour au travail le 31 mai, une augmentation 1,8 % du salaire des travailleurs jusqu’à la conclusion d'une entente, une période de médiation supplémentaires de cinq mois et l’arbitrage en cas d’impasse à la fin du délai octroyé.

La ministre Vien estime que la menace d’un arbitrage devrait être suffisante pour inciter les parties à parvenir à une entente négociée d'ici octobre.

« Je pense que tous les partis ont tout intérêt à s’entendre, a-t-elle déclaré. Un arbitrage comporte une dose d’incertitude et de nébulosité. Ils devraient saisir la chance qui leur est donnée. »

La ministre a octroyé une augmentation de salaire (1,8 %) légèrement inférieure à ce que proposait la partie patronale (1,9 %).

Le premier ministre Philippe Couillard a déploré, en chambre, le « processus vicié » des pourparlers au cours desquels les parties attendent que le gouvernement « règle pour eux ».

« Il va falloir revoir un certain nombre de choses », a dit Mme Vien, sans vouloir élaborer davantage sur les aspects à modifier dans le processus de négociation pour éviter d'autres conflits de travail. « Je n’ai pas de modèle en tête. Je sais qu’il y a des difficultés en ce moment. On va prendre le temps », a-t-elle dit.

Michel Trépanier
Michel Trépanier
Michel Trépanier, de l’Alliance syndicale de la construction, n’a pas caché ses inquiétudes en s’exprimant à chaud quelques instants après avoir pris connaissance du projet de loi.

« On est un petit peu sous le choc », a-t-il lancé en mêlée de presse.

M. Trépanier craint que l’exercice de médiation puis d’arbitrage ne favorise la partie patronale. « J'ai peur », a-t-il reconnu quant aux possibilités d’échec de la médiation, qu’il craint partiale.

« C'est sûr qu'on va contester la loi spéciale », ajoute Michel Trépanier, mais en précisant qu’il n’est pas question de poser des gestes illégaux.