Jérôme Choquette
Jérôme Choquette
Les réactions affluent après l'annonce du décès de Jérôme Choquette, qui a été ministre de la Justice du Québec de 1970 à 1975. Il a succombé à une pneumonie bactérienne, vendredi, à Montréal, à l'âge de 89 ans.

Malade depuis plusieurs années, il avait rapidement vu sa santé décliner.

Jérôme Choquette est arrivé à la tête du ministère de la Justice à un moment où le Québec vivait un événement historique : la crise d’Octobre. Il devait gérer les revendications du Front de libération du Québec (FLQ) qui avait kidnappé le diplomate britannique James Richard Cross.

C'est lui qui a fait connaître le refus des autorités politiques de libérer les prisonniers felquistes. Et c'est lui aussi qui a envoyé la demande d'intervention de l'armée canadienne pour soulager les divers corps policiers québécois aux abois.

Un juriste compétent et intègre

Pendant les cinq années passées au ministère de la Justice, Jérôme Choquette a entre autres mis en place l'aide juridique, la Cour des petites créances et l'indemnisation des victimes d'actes criminels. Il a également à son actif la mise sur pied de la Commission d'enquête sur le crime organisé.

« Il a créé des conditions d’accès à la justice pour tous. C’est un héritage inspirant pour n’importe quel ministre de la Justice », a déclaré l'ancien ministre de la Justice de 1984 à 1985, Pierre Marc Johnson.

D'anciens collègues de Jérôme Choquette s'en souviennent ainsi comme d'un juriste « compétent », « intègre » et extrêmement « ferme » avec la loi, qu'il devait appliquer à la lettre en tant que procureur général.

M. Choquette prenait très au sérieux son rôle de ministre de la Justice, selon Jean Cournoyer, et il avait prévenu le Conseil des ministres qu'il « ne répondait pas au gouvernement ».

« Il n'était pas question qu'on se mêle de la justice », dit-il.

« Le père de l’aide juridique », dit le bâtonnier

Avocat de formation, Jérôme Choquette est retourné à l’exercice du droit, avant de se lancer à nouveau en politique, municipale cette fois. Élu maire d’Outremont en 1983, il a occupé cette fonction jusqu’à 1991.

Trois ans plus tard, en 1994, il a brigué la mairie de Montréal, sans succès. Il a été battu par Pierre Bourque.

En 2009, il a reçu la médaille du Barreau. « Par ses diverses réformes, Me Choquette a redessiné le système judiciaire québécois, ce qui le classe parmi les plus grands ministres de la Justice que le Québec ait connus », avait alors déclaré le bâtonnier Nicolas Plourde.

« Ce n'est certainement pas un hommage général sur l'homme ou sur son héritage politique complet, mais il faut mentionner qu'il est le père de l'aide juridique, une innovation importante du système de justice qui est plus que jamais d'actualité », a déclaré Paul-Matthieu Grondin, l'actuel bâtonnier.

Le nom de Jérôme Choquette est d’ailleurs gravé sur une plaque commémorative au palais de justice de Montréal.

En septembre 2012, il a été radié provisoirement du Barreau du Québec.